La Zakaat

LA ZAKAAT‎‎‎ est un des cinq piliers de l'Islâm. Tout musulman libre, majeur (baaligh/pubère), sain d'esprit et possédant le Niçaab en plus de ses dettes et ses nécessités naturelles (tels que maison, vêtements, moyen de transport et outils de travail) doit obligatoirement retirer et donner la Zakaat.

LE NIÇAAB, C'EST QUOI ?

Le Niçaab est la quantité minimale à partir de laquelle la Zakaat devient obligatoire. Une personne possédant le Niçaab s'appelle "Saahib-é-Niçaab." Le Niçaab est comme suit :

  1.     87 grammes d'or sous n'importe quelle forme (bijou, métal, etc.), ou
  2.     200 dirhams ou 620 grammes d'argent sous n'importe qu'elle forme (métal, bijou, etc.), ou
  3.     La valeur de 87 grammes d'or ou la valeur de 620 grammes d'argent en forme de monnaie ou de marchandises excédant ses besoins naturels.

Si quelqu'un possède plusieurs items sur lesquels la Zakaat est applicable, par exemple, un peu d'or, un peu d'argent (sous forme de bijou ou non), un peu de monnaie et un peu de marchandises, il doit calculer la valeur de tous ses items et voir si elle atteint la valeur de 200 dirhams (620 grammes d'argent). Si tel est le cas, la Zakaat doit être prélevée même si cette valeur est inférieure à celle de 87 grammes d'or ; le principe étant que quand il y a plusieurs items, il suffit que la valeur totale atteigne au moins le Niçaab le plus bas.

A noter que si quelqu'un possède moins que le Niçaab, il n'y a pas de Zakaat pour lui. Mais s'il possède le Niçaab ou plus, la Zakaat est prélevée sur la totalité de ce qu'il possède et non pas seulement sur la quantité dépassant le Niçaab.

LES DEGRÉS DE RICHESSE

D'après la Charî'ah, il y a trois degrés de richesse :‑

  1. Richesse qui rend la Zakaat obligatoire c’est-à-dire lorsqu'on possède, en plus de ses nécessités de base et après avoir déduit ses dettes, 87 grammes d'or ou alors 620 grammes d'argent (chaandî) ou leur équivalent en forme d'argent liquide ou de marchandises. On doit faire ressortir que "marchandise" signifie toute chose achetée avec l'intention de la revendre. Dans ce cas, le Sadaqat-oul-Fitr et le Qourbaanî sont aussi Waadjib. Évidemment, une personne qui paie la Zakaat n'a pas le droit d'en prendre. Une personne ayant cette quantité de richesse possède donc le Niçaab de la Zakaat.
  2. Richesse qui rend le Sadaqat-oul-Fitr et le Qourbaanî Waadjib mais pas la Zakaat - c'est-à-dire, posséder, en plus de ses nécessités de base et après avoir déduit ses dettes, l'équivalent de 87 grammes d'or ou 620 grammes d'argent en n'importe quelle autre forme - en espèce, vaisselle, meuble, vêtement, etc. Cette richesse-là ne rend pas la Zakaat Waadjib. Par contre le Sadaqat-oul-Fitr et le Qourbaanî sont Waadjib. À noter qu'une personne possédant cette quantité de richesse n'a pas le droit de prendre ou de demander la Zakaat.
  3. Richesse qui ne rend ni la Zakaat, ni le Sadaqat-oul-Fitr et ni le Qourbaanî Waadjib - c'est-à-dire posséder une quantité d'objets ou autres choses avec lesquelles on peut satisfaire ses nécessités pour au moins un jour, ou alors, si on est en bonne santé et on a le courage de travailler pour subvenir à ses besoins malgré qu'on ne possède rien. Dans ce cas, on a le droit de prendre la Zakaat et le Sadaqat-oul-Fitr, mais il est interdit (haraam) d'en demander.

QUAND EST-CE QUE LA ZAKAAT‎‎‎ EST DUE ?

Quand le Niçaab reste en possession d'une seule personne pendant une année (année islamique), la Zakaat‎‎‎ devient Waadjib. Cela veut dire que si la somme est épuisée avant la période d'une année, la Zakaat‎‎‎ n'est pas Waadjib. Cela démontre que la Zakaat‎‎‎ n'est pas due dès que la personne possède la valeur du Niçaab. Il fait que cet argent reste en sa possession pendant un an. D'autre part, dès qu'une personne devient Saahib-e-Niçaab, elle doit retirer la Zakaat‎‎‎ sur le montant total, après qu'un an se soit écoulé. Cela en dépit du fait que le Niçaab ait diminué ou augmenté au cours de l'année. Similairement elle doit retirer la Zakaat‎‎‎ sur le montant total même si toute somme additionnelle amassée après être devenu Saahib-e-Niçaab n'est pas restée en sa possession pendant un an. Illustrons avec l'exemple qui suit : le 1er Ramadhaan, une personne a eu en sa possession Rs. 10,000. Au cours de l'année, elle a continué à faire des économies de Rs. l000, Rs. 2,000 jusqu'à ce qu'au prochain Ramadhaan il ait accumulé la somme de Rs. 20,000. Alors la Zakaat‎‎‎ doit être perçue sur la somme de Rs. 20,000 même si une partie de cette somme n'a pas fait un an. En principe cela veut dire qu'une fois une personne devient Saahib-e-Niçaab, toute somme qu'elle a économisée au cours de l'année sera considérée comme si elle l'avait obtenue le jour où elle est devenue Saahib-e-Niçaab. Donc quand on va retirer la Zakaat‎‎‎ pour la somme par le biais de laquelle on est devenu Saahib-e-Niçaab, il faut inclure toutes les économies faites au cours de l'année.

LE POURCENTAGE DE LA ZAKAAT‎‎‎

Il faut prélever soit 2.5 ou 1/40 des valeurs qu'on a en sa possession. Cela s'applique sur l'or, l'argent, l'argent liquide et les marchandises. C'est-à-dire Rs. 2.50 (deux roupies cinquante sous) sur chaque Rs. 100 (cent roupies) ou Rs. 25.00 (vingt-cinq roupies) sur chaque Rs. 1,000 (mille roupies).

QUI MÉRITE LA ZAKAAT‎‎‎ ?

Le Qour'aan fait mention de 8 (huit) catégories de gens à qui on peut donner la Zakaat‎‎‎ :

  1.      Fouquarah
  2.      Masaakeen
  3.      Aamileen
  4.      Al-Mouallafat-al-Quloob
  5.     Ar-Riqaab
  6.     Al-Ghaarimeen
  7.     Fi-Sabîlillah
  8.      Ibn-ous-Sabeel.

Selon un hadîce de Boukharî Charîf, Raçouloullah‎ (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait envoyé Hazrat Mou'aaz bin Jabal (Radiyallahou anhou‎) à Yémen avec le message suivant : "... et informez-les qu'Allah Ta'aala a rendu le Sadaqah (la Zakaat‎‎‎) obligatoire sur eux. Ils doivent le collecter et le distribuera ceux qui sont pauvres parmi eux."

Selon un hadîce d'Aboû Daawoûde, Raçouloullah ‎(Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Allah Ta'aala n'a pas voulu qu'un Prophète encore moins une autre personne décide à propos de la Zakaat‎‎‎. C'est Lui-même qui a voulu diviser les gens en huit catégories auxquels on doit donner la Zakaat‎‎‎." C'est-à-dire qu'Allah n'a pas voulu laisser le soin de disposer de la Zakaat‎‎‎ à quiconque comme il l'entend. C'est Allah Lui-même qui a défini les domaines où on doit dépenser l'argent de la Zakaat‎‎‎ - les huit catégories des gens mentionnées sont au verset 60 du Sourah At-Taubah.

Voyons ensemble ces 8 catégories de gens...

  1.      Fouquarah: Fouquarah, pluriel de Faqeer, est d'après la Charî'ah une personne dont les biens dépassent ses besoins essentielles mais ne sont pas suffisants pour rendre la Zakaat‎‎‎, le Sadaqat-oul-Fitr ou le Qourbaanî Waadjib. En d'autres mots il n'a ni le Niçaab de la Zakaat‎‎‎ ni celui du Sadaqat-oul-Fitr/Qourbaanî.
  2.      Masaakeen: Masaakeen, pluriel de "Miskeen" est une personne qui ne possède rien même pas de quoi se nourrir pour un jour. Sa situation est inférieure à celle d'un Faqeer qui, lui, possède au moins un peu de biens même si ceux ci n'atteignent pas le Niçaab. Le Faqeer lui n'a pas le droit de demander la Zakaat‎‎‎ mais il peut en recevoir ; par contre le Miskeen lui, est autorisé de demander la Zakaat‎‎‎ en raison de son état d'extrême pauvreté.
  3.     Aamileen: "Aamileen", pluriel de "Aamil", sont les employés de l'état islamique qui sont mandatés pour collecter la Zakaat‎‎‎ et le Sadaqah. Dans un hadîce de Mou'atta, d'Imaam Maalik (R), Raçouloullah‎ (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Le Sadaqah n'est pas halaal pour celui qui est riche à l'exception de cinq catégories de gens : le combattant dans le chemin d'Allah, celui qui est mandaté pour collecter la Zakaat‎‎‎..." A propos de "Aamileen", c'est le seul cas où la Zakaat n’est pas donnée en raison de la pauvreté (faqr). Contrairement à toutes les autres catégories de personnes, les Aamileen, sont les seules personnes qui peuvent recevoir la Zakaat‎‎‎ comme un salaire en raison du service rendu. Une question se pose maintenant. A-t-on le droit de transformer l’argent de la Zakaat‎‎‎ en salaire ou en rémunération ? Ou plus explicitement encore, a-t-on le droit de donner la Zakaat‎‎‎ sous forme de salaire ou de paye ? Avant de répondre à cette question, il faut comprendre le principe suivant : Un chef-d'état islamique ou Ameer-oul-mou'mineen est un Wakîl (mandataire) pour les pauvres et les nécessiteux de la part d'Allah. La "main" du Wakîl (mandataire) c'est en fait la "main du Mou'akkil" (récipiendaire, ce qui veut dire que quand la Zakaat‎‎‎ vient dans la main du Wakîl, c'est comme si elle - la Zakaat‎‎‎ - est déjà dans la main des pauvres). Et comme nous le savons dès que la Zakaat‎‎‎ vient dans la main des pauvres, les donateurs de la Zakaat‎‎‎ se sont déjà acquittés de leur responsabilité car la dette de la Zakaat‎‎‎ est déjà Adaa (complétée). Vu que le chef d'état est déjà le Wakîl des pauvres, quand il prend possession de l'argent de la Zakaat‎‎‎, celle-ci est déjà complétée et les donateurs sont déchargés de leur responsabilité. Ainsi, l'argent remis au chef-d'état par le biais des "Aamileen" n'est plus une Zakaat‎‎‎. Donc le chef-d'état peut rémunérer les Aamileen de la "propriété" des pauvres, qui n'est plus considérée comme la Zakaat‎‎‎, pour le service rendu à ces mêmes pauvres. Donc nous pouvons déduire à partir de cette explication, que l'argent versé comme salaire aux Aamileen, n'est plus celui de la Zakaat‎‎‎. C'est plutôt la propriété des pauvres gérée par le chef-d'état islamique pour le besoin de ces mêmes pauvres. Il est aussi évident à partir de cette explication, que le salaire des enseignants (perçu de la Zakaat‎‎‎) ou encore celui de ceux qui collectent la Zakaat‎‎‎ à titre individuel ou au nom d'une organisation n'est pas justifié. Les collecteurs de Zakaat‎‎‎ chez nous, n'étant pas employés par un chef-d'état islamique, ne bénéficient pas du statut de mandataires des pauvres. Ils sont plutôt les mandataires des donateurs. Ce qui fait qu'aussi longtemps que cet argent reste en leur possession ou en possession des organisations, c'est comme si cet argent est resté en possession des donateurs, leur Zakaat n'ayant pas encore été acquittée. Si les organisations donnent un salaire à des collecteurs de cet argent-là, ou si elles font des dépenses en puisant de ce fond pour l'entretien de leur organisation, les donateurs doivent contribuer à nouveau la somme dépensée comme Zakaat‎‎‎. La raison étant qu'en ce qui concerne cette somme c'est comme si la Zakaat‎‎‎ n'a pas encore été prélevée comme le montre l'exemple qui suit : Une personne qui doit donner Rs. 1,000 comme Zakaat‎‎‎, n'a pas le droit de déduire les frais bancaires ou postaux de cette somme de Rs. 1,000, si elle veut envoyer cet argent à l'étranger. Les frais (bancaires, postaux ou autres) à payer sont à sa charge. Similairement, les frais encourus pour la distribution de la Zakaat‎‎‎ ne peuvent être déduits de cette somme. Ceci démontre clairement la responsabilité de taille qui repose sur ces organisations qui font la collecte de la Zakaat‎‎‎. C'est un travail louable, certes. Mais ces organisations n'ont pas le droit de percevoir un salaire ou un honoraire quelconque de cette somme pour leurs collecteurs, ni encourir les frais de l'entretien de leurs organisations à partir de l'argent de la Zakaat‎‎‎. S'il arrive que ces organisations ne disposent pas correctement de cet argent en le remettant aux gens qui le méritent vraiment, c'est exactement comme si les donateurs ne se sont pas acquittés de leur responsabilité de distribuer la Zakaat‎‎‎. De ce fait, les donateurs seront à leur tour, responsables du non-acquittement de la Zakaat‎‎‎ car ils ont échoué dans sa disposition en la donnant à des personnes incompétentes pour sa distribution.
  4.      Mou'allafatoul-Qouloûbe: Ce sont ceux qui ont besoin d'être soutenus afin de renforcer leurs coeurs, de mieux les réconcilier et de les encourager pour qu'ils restent musulmans. On peut donner la Zakaat‎‎‎ à cette catégorie de gens à condition qu'ils soient musulmans et pauvres. De nos jours, cela s'applique particulièrement à ces nouveaux musulmans (convertis) qui ont été contraints à abandonner leur famille, leur maison à cause de l'Islâm et qui sont confrontés à des difficultés financières.
  5.     Ar-Riquaab: Chez la majorité des Fouqahaa (juristes), Mouhaddiçîne, et Moufassirîne, cela signifie un esclave qui a fait un contrat avec son maître pour qu'il retrouve sa liberté contre paiement d'une somme d'argent. Un tel esclave est appelé Moukaatab d'après la Charî'ah. Donc on a le droit d'aider un esclave qui se trouve dans une pareille situation. On peut puiser de l'argent de la Zakaat‎‎‎ pour acheter sa liberté. Quant aux autres esclaves qui n'ont pas un tel contrat avec leurs maîtres, on n'a pas le droit de leur donner la Zakaat‎‎‎. Les Aimmah, nommément Imaam Aboû Hanîfah‎, Imaam Chaafi'î, Imaam Ahmad Bin Hambal (R) et (selon une des deux versions de) Imaam Maalik (R), ont expliqué cela par le fait que la Zakaat‎‎‎ doit être remise à quelqu'un qui la mérite, sans qu'on exige de lui quelque chose en retour. Dans le cas des autres esclaves (à l'exception des "Moukaatab"), si la Zakaat‎‎‎ est donnée au maître on ne l'a pas donné sans attendre de lui quelque chose en retour (ici la libération de l'esclave). D'autre part on ne peut la remettre aux esclaves parce qu'ils ne peuvent pas devenir propriétaires. Tout ce qu'ils reçoivent revient de fait au patron, parce qu'eux-mêmes, esclaves, sont la propriété du patron. Il est évident que le maître ou le patron ne mérite pas la Zakaat‎‎‎. Cela démontre clairement que la Zakaat‎‎‎ est acquittée seulement lorsqu'on fait le bénéficiaire (la personne qui reçoit la Zakaat‎‎‎) devenir le Maalik (propriétaire de la somme de Zakaat‎‎‎) et c'est ce qu'on appelle le "Tamleek".
  6.      Al-Ghaarimeen: Ce sont des gens qui sont endettés et qui n'ont pas les moyens de rembourser leurs dettes complètement ou partiellement. Il est à noter que ceux qui ont contracté des dettes pour faire des extravagances pour satisfaire certaines pratiques "haraam" ou anti-islamiques, ne devraient pas bénéficier de la Zakaat‎‎‎ puisque ce serait une façon de les encourager à rester sur le chemin d'égarement, à moins qu'ils se repentent et fassent le Taubah.
  7.      Fi-sabîlillah: Selon le Tafsîr, cela signifie les Moudjahidine - combattants - et les "Hajis" qui n'ont pas suffisamment de moyens pour accomplir leur Djihaad et Hadj. Et par extension tous ceux qui font un travail vertueux pour la promotion de Dîne, tombent dans la catégorie de Fi-sabîlillah à condition que ce soit tamleek ; c'est-à-dire disposer de la Zakaat‎‎‎ d'une telle manière à ce que la personne qui la mérite en devient propriétaire. Ce qui implique que l'argent de la Zakaat‎‎‎ ne peut pas être utilisé dans la construction d'une Mosquée (Masjid) ou Madrassah, dans l'achat d'accessoires pour ces mêmes lieux de prière. Ici, bien que l'argent soit utilisé pour un travail vertueux, (la promotion du Dîne) à cause de l'absence de Tamleek, l'argent de la Zakaat‎‎‎ ne peut être utilisé. Les Masjids‎ ou les Madrassahs n'ont pas la qualité de devenir propriétaires. Cela signifie donc que sans le Tamleek, la Zakaat‎‎‎ n'est pas acquittée.
  8.     Ibn-ous-Sabeel: Cela se réfère à un voyageur qui est à l'étranger et qui n'a pas, en sa possession, assez de moyens pour subvenir à ses besoins. Même si cette personne est riche dans son pays d'origine, elle peut recevoir la Zakaat‎‎‎.

AINSI PARLAIT RASOULLULLAH (Sallallaahou A'laihi Wasallam) :

"Le Sadaqah n'est pas halaal (permis) à un Ghanî (riche) à l'exception de cinq catégories :

  1. Un Ghazi (combattant) dans le chemin d'Allah Ta'aala.
  2. Un Aamil (un employé choisi par un chef d'état islamique pour collecter la Zakaat‎‎‎).
  3. Une personne qui est submergée de dettes.
  4. Une personne qui a acheté avec son argent un objet donné en Zakaat‎‎‎à quelqu'un d'autre.
  5. Une personne riche qui a un voisin pauvre et ce dernier a reçu quelque chose en Sadaqah et subséquemment ce voisin pauvre le donne à la personne riche en cadeau." (MOU'ATTA ÎMAAM MAALIK)

REMARQUES

Pour la cinquième catégorie, il ne faut pas qu'il ait l'ambiguïté. Quand une personne pauvre entre en possession de la Zakaat‎‎‎ celle-ci n'est plus considérée comme la Zakaat‎‎‎. Le pauvre peut disposer de cette somme comme il le désire. Une personne riche aussi peut en bénéficier. Aussi longtemps que la somme demeure Zakaat‎‎‎, une personne riche n'y a pas droit. Selon un hadîce de Boukharî Charîf, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait consommé de la viande que Hazrat Bareera (Radiyallahou anhou‎) avait reçue comme Sadaqah en disant que pour Bareera c'était du Sadaqah mais pour nous c'est un présent. Ce qui veut dire qu'une fois une personne qui mérite prenne possession de la Zakaat‎‎‎, la nature de la Zakaat‎‎‎ est enlevée ; c'est pour cette raison que Raçouloullah‎ (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait consommé cette viande.

Après cette explication, il n'est pas difficile de comprendre le sens et la portée de la quatrième catégorie. Donc, si un pauvre a reçu quelques mètres de tissu sous forme de Zakaat‎‎‎, il a parfaitement le droit de les vendre. Et quand un acheteur l'acquiert, il a doublement le droit de s'en servir puisque s'il avait obtenu le même tissu en cadeau d'un pauvre, il aurait eu le droit aussi de s'en servir. Alors qu'ici il l'a acheté.

Maintenant analysons la première catégorie : un combattant qui est riche, selon ce hadîce, a le droit de recevoir la Zakaat‎‎‎. S'il est riche, c'est par ce qu'il possède. C'est-à-dire qu'il a tout ce dont il a besoin pour subvenir à ses besoins. Mais il ne peut accomplir le Djihaad qui est aussi une nécessité avec les moyens qu'il possède. On l'a qualifié de "Ghanî" en fonction de ce qu'il avait et non en fonction des moyens dont il dispose pour accomplir le Djihaad. Donc la Zakaat‎‎‎ lui est permise parce qu'il n'est plus "riche" compte tenu du fait que ses moyens ne lui permettent pas d'accomplir le Djihaad.

Similairement la troisième catégorie a été appelée "riche" en fonction de ce qu'il possède mais il est pauvre en fonction de ce qu'il doit. Au fait il n'y a aucun riche à qui on a donné le droit de prendre la Zakaat‎‎‎, selon ce hadîce.

 

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.3]