Le Taraawîh

La Salaah du Taraawîh est un Sounnah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) l'a toujours pratiquée ; mais avec Djamaa'ah, il l'a pratiquée rien qu'en trois occasions. Il ne l'a pas fait régulièrement avec Djamaa'ah par crainte que cela ne devienne obligatoire. Dans la 23ème nuit du Ramadhaan, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) l'a fait avec Djamaa'ah jusqu'au tiers de la nuit (jusqu'au premier tiers de la nuit) ; dans la 25ème nuit - jusqu'au moitié de la nuit et dans la 27ème nuit - jusqu'à la proximité de l'heure du Sehri. Donc, cette Salaah est Sounnah sur l'Oummat et cela a été établi par un consensus des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et ensuite par celui de quatre Aimmah (R).

TARAAWÎH AVEC DJAMAA'AH

Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait ses raisons pour ne pas faire la Salaah du Taraawîh régulièrement avec Djamaa'ah. La raison principale était la crainte que cela ne devienne obligatoire sur l'Oummat. Malgré cela, il y avait des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) qui pratiquaient la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah à l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Hazrat Tha'labah Bin Abî Maalik (Radiyallahou anhou‎) rapporte qu'un soir du Ramadhaan, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) était venu dans le Masjid et il vit des personnes qui accomplissaient la Salaah dans un coin. Il demanda ce qu'elles faisaient. Quelqu'un lui répondit : Ô‎‎Prophète d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), ce sont des personnes qui n'ont pas le Qour'aan avec elles (c'est à dire dans leurs mémoires) et elles suivent Hazrat Oubaï Bin Ka 'ab (Radiyallahou anhou‎) qui récite le Qour'aan dans sa Salaah. – "Ils ont bien fait" remarqua alors Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). (Baihaqui)

Pour les Mouhaddiçîne‎ ce Hadîce est authentique.

D'après le Boukharî Charîf qui montre que la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah existait avant même que Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhoum‎) ne réunit tous les Mousallîs‎‎ derrière un seul Imaam dans le Masjid.

Abdour Rahmaan Bin Abdoul Qaarî‎‎‎‎ rapporte : "J'étais sorti en compagnie de Hazrat Oumar‎ Bin Khattaab (Radiyallahou anhou‎) un soir du Ramadhaan et nous nous dirigeâmes vers le Masjid où nous vîmes des personnes faisant la Salaah en plusieurs groupes. Il y avait aussi des personnes qui faisaient la Salaah individuellement." Hazrat Oumar‎(Radiyallahou anhou‎) dit alors : "Je trouve que si je réunissais toutes les personnes derrière un seul Qaarî‎‎‎‎ ce serait meilleur."

Il prit ensuite une décision et les réunit toutes derrière Hazrat Oubaï Bin Ka'b (Radiyallahou anhou‎). (Boukharî)

Donc, la Salaah du Taraawîh existe depuis toujours. Mais la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah derrière un seul Imaam régulièrement dans le Masjid a été introduite par le deuxième caliphe, Hazrat Oumar‎(Radiyallahou anhou‎). C'est pour cette raison que Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) a appelé l'accomplissement de la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah dernière un seul Imaam Bid'ah. C'était une Bid'ah (innovation) dans le sens que la Salaah du Taraawîh n'était pas pratiquée régulièrement derrière un seul Imaam. Ce principe à été introduit par Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎).

"LA POSITION DE DJAMAA'AH DANS LE TARAAWÎH"

A la lumière des Ahaadîce de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et de la pratique de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) les Ou'lamaa disent que la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah est considérée comme Sounnah Mou'akkadah A'lal-Kifaayah. Cette Salaah est Sounnah parce que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) la pratiquait. Elle est Sounnah Mou'akkadah parce que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait un désir ardent de l'accomplir avec Djamaa'ah et cela malgré le fait qu'il avait lui-même déclaré que la Salaah Nafl accomplit chez soi est meilleure. Mais, comme il craignait qu'à cause de sa présence régulière cette Salaah avec Djamaa'ah risquait de devenir obligatoire sur son Oummat il avait alors préféré de ne pas la continuer avec Djamaa'ah ou dans une forme organisée.

Cependant, il n'a pas empêché aux Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) d'accomplir le Taraawîh avec Djamaa'ah car de par son absence dans le Djamaa'ah des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎), le risque que cette Salaah devienne obligatoire était inexistant. Par contre, un tel risque subsistait rien qu'à cause de sa présence dans le Djamaa'ah.

Donc, accomplir la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah est approuvée par la pratique et l'approbation de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). De plus, tous les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) approuvèrent l'initiative que prit Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) en réunissant, tous les Mousallîs derrière un seul Imaam dans un Djamaa'ah régulier.

Donc, il y a eu l'Ijma (consensus) de tous les Sahaabah (Radiyallahou anhou‎) concernant cette pratique. De plus, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Attrapez mon Sounnah et ceux des Khoulafaa‎‎-e-Raashidîne. Attrapez-les fermement."

A la lumière de ce Hadîce nous pouvons déduire en toute clarté qu'une pratique mise en application par les Sahaabah Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) et surtout par les Khoulafaa‎‎-e-Raachideen‎ est plus ou moins du même degré que le Sounnah de Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) concernant sa mise en pratique. De plus, comme l'adoption des Sounnahs de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a été ordonnée par lui-même, de même, il nous a ordonné de suivre les Sounnahs et les pratiques des Khoulafaa‎‎-e-Raashidîne. Donc, le fait qu'après Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam), la Salaah du Taraawîh a été pratiquée avec Djamaa'ah suivant les ordres de trois des Khoulafaa‎‎-e-Raashidîne, en l'occurrence Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) Hazrat Ous'maan (Radiyallahou anhou‎) et Hazrat A'lî‎ (Radiyallahou anhou‎) montre que cette Salaah est Sounnah Mou'akkadah.

Cela dit, il reste à savoir s'il est Sounnah Mou'akkadah pour tout le monde d'accomplir cette Salaah avec Djamaa'ah dans un Masjid. La réponse est non ! Et pour cause Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) ne participait pas au Djamaa'ah qu'il avait lui-même organisé dans le Masjid comme le montre un Hadîce rapporté par Abdour Rahmaan Bin Abdoul Qaarî‎‎‎‎ dans le Boukharî Charîf. C'est en fonction de cette non-participation de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) que les savants ont établi que la Salaah du Taraawîh est Sounnah Mou'akkadah mais A'lal-Kifaayah. Ce qui signifie qu'il est Sounnah Mou'akkadah mais A'lal-Kifaayah. Ce qui signifie qu'il est Sounnah Mou'akkadah sur chaque individu d'accomplir la Salaah du Taraawîh mais cependant il n'est pas Sounnah Mou'akkadah sur chaque individu de l'accomplir avec Djamaa'ah. Lorsque dans un endroit un groupe de personnes accomplissant cette Salaah avec Djamaa'ah le reste des habitants du même endroit sera déchargé de cette responsabilité. Cependant, ils ne doivent pas abandonner la Salaah du Taraawîh ; ils doivent l'accomplir chez eux. Au cas où, dans un endroit quelconque, la Salaah du Taraawîh n'est pas pratiquée avec Djamaa'ah dans un Masjid, les habitants de cet endroit seront alors tous responsables d'avoir abandonné un Sounnah Mou'akkadah.

"LA SALAAH DU TARAAWÎH AVEC DJAMAA'AH ET LES SAVANTS"

Hazrat Aboû Zar al Ghifâri (Radiyallahou anhou‎) rapporte : "Nous jeûnions ensemble avec Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Il ne nous dirigeait dans la Salaah que quand il restait sept jours pour la fin du Ramadhaan. Il nous dirigeait alors jusqu'au tiers de la nuit. Il ne l'avait pas fait au cours de la 24ème nuit. Mais la 25ème nuit nous avions fait la Salaah avec lui jusqu’à la moitié de la nuit. Je lui avais dit : 'Ô‎‎Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ! Ce serait bon si vous nous faisiez accomplir la Salaah pendant le reste de la nuit'. Sur ce, il répondit :

'Certainement celui qui reste debout avec l'Imaam dans la Salaah jusqu'à ce que l’Imaam termine aura la récompense d'une nuit entière'." (Tirmîzî, Aboû Daawoûde Naçaaî‎‎)

Pour les savants le Hadîce ci-mentionné et surtout la partie soulignée est assez clair pour montrer que la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah est recommandée par Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Quant au Hadîce où Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que la meilleure Salaah après celle de Farz est celle qui est faite chez soi, ce Hadîce s'applique pour les autres Salaahs‎‎.

Mais les Salaahs‎‎ que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a recommandées ou approuvées de faire avec Djamaa'ah sont exclues de ce Hadîce a l'instar des Salaahs‎‎ Kousoûf‎‎, Istisqaa et Taraawîh.

Imaam Aboû Yousouf (R) a dit que quand Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) avait organisé un seul Djamaa'ah régulier dans le Masjid, ce n'était pas là une décision qu'il tenait de lui et n'était pas un "Moubtadî" (innovateur) pour ce qu'il avait fait. Il n'aurait pu prendre une telle mesure s'il ne détenait pas une source ou un 'Ahd' (conseil) émanant de Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Allaamah‎‎ Bin Taimiyyah a, dans Minhaaj-ous-Sounnah, déclaré qu'il a été établi que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) faisaient la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah le soir pendant le Ramadhaan à l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Ceci est évident d'après un Hadîce de Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎) dans Aboû Daawoûde que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) faisaient la Salaah en plusieurs groupes pendant le Ramadhaan.

Malgré les divergences concernant le degré de recommandation pour l'accomplissement de cette Salaah avec Djamaa'ah les 4 Aimmah (R) sont tous d'accord sur un point : la pratique de la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah est meilleure que de l'accomplir individuellement. Imaam Maalik (R) a même considéré l'accomplissement de la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah comme étant un signe de Ahlé Sounnah Wal Djamaa'ah. Et ceci parce que les innovateurs ont refusé de la pratiquer avec Djamaa'ah.

Dans un commentaire fait par l'Imaam Nawawî dans le Mouslim Charîf concernant la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah on peut lire ce qui suit : "Il y a divergence d'opinions quant à laquelle de ces deux pratiques est la meilleure - l'accomplir individuellement chez soi ou avec Djamaa'ah dans le Masjid."

Imaam Chaafi'î (R) et la plupart de ses compagnons, Imaam Aboû Hanîfah‎ (R), Imaam Ahmad Bin Hambal (R) et une partie des Malikites considèrent que l'accomplissement de cette Salaah avec Djamaa'ah est meilleur tout comme l'ont pratiquée Hazrat Oumar‎(Radiyallahou anhou‎) et les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et ainsi les musulmans ont adopté cette pratique continuellement car l'accomplissement de la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah se trouve parmi les symboles évidents.

Imaam Ibn Khouzaïmah (R) a dit que pratiquer la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah pendant le Ramadhaan est un Sounnah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), mais non pas une Bid'ah comme le pensent les Rawaafiz (secte égaré).

En bref, la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah a été pratiquée et approuvée par Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Par la suite les Sahaabah-é-Kiraam tels que Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎), Hazrat Ous'maan (Radiyallahou anhou‎), Hazrat A'lî‎ (Radiyallahou anhou‎) et Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou‎) ont organisé la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'ah dans le Masjid et les quatre Aimmah (R) ont eux aussi approuvé cette pratique dans le Masjid.

NOMBRE DE RAK'AATS DU TARAAWÎH

1)    Imaam Tirmîzî dit dans son livre JAAMI' SAHÎH : La plupart des savants disent que cette Salaah est composée de vingt Rak'aats en se basant sur ce qui a été rapporté sur Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎), Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou‎) et les autres parmi les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Cette opinion est aussi partagée par Imaam Soufyaan Çaurî (R), Ibn-oul-Moubaarak (R) et Imaam Chaafi'î (R) Imaam Chaafi'î (R) a même dit : "C'est ainsi que j'ai vu les habitants de la ville de Makkah accomplir 20 Rak'aats dans la Salaah du Taraawîh."

2)    Hazrat Saïd Bin Yazîd (Radiyallahou anhou‎), un Sahaabî, rapport : "Nous faisons 20 Rak'aats de Taraawîh à l'époque de Hazrat Oumar‎(Radiyallahou anhou‎)." Ce Hadîce a été rapporté par Baihaqui et se trouve aussi dans le Mousannaf Abdour Razzaaq'. Allaamah‎‎ As-Soubki a authentifié ce Hadîce dans son livre Sharh-oul-Minhaaj. Imaam An-Nawawî, Ibn-oul-Iraaquî, Jalaalouddîne Al Souyoûtî ont tous accepté l'authenticité de ce Hadîce.

3)    Hazrat Ata (R) rapporte qu'il a vu des personnes accomplir 20 Rak'aats de Taraawîh avec le Witr‎. (Ibn Aboû Chaïbah‎‎). Ici les personnes auxquelles le Taabi'î fait référence sont des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et des Taabi'îne (R). Donc, selon l'observation qu'a faite Hazrat Ata (R) auprès des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et des Taabi'îne, la pratique normal était de 20 Rak'aats de Taraawîh.

4)    Hazrat Aboul Hasanah rapporte que Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou‎) avait ordonné à une personne de faire 20 Rak'aats dans la Salaah du Taraawîh pendant le Ramadhaan. On a dit que ce Hadîce n'est pas correct à cause du fait que le narrateur About Hasanah est un narrateur 'Majhoûl' (inconnu). Mais d'après le principe de Hadîce un narrateur cesse d'être 'Majhoûl' quand deux narrateurs authentiques rapportent des Ahaadîce de lui.

Dans le case de Aboul-Hasanah, selon le docteur en Hadîce Yahyaa Bin Ma'îne, il y a deux narrateurs authentiques, en 1'occurrence Al Hassan Bin Saalih Al Koufi et Shouraik qui ont rapporté des Ahaadîce de lui. Donc, le défaut allégué n'a pas été établi. Cela dit, le Hadîce qui montre que Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou‎) a ordonné 20 Rak'aats de Taraawîh est Sahîh.

5)    Hazrat Zaïd Bin Wahhaab rapporte que Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou‎) faisait l'Imaamat pour eux pendant le mois du Ramadhaan et quand il terminait, une partie de la nuit restait encore.

Hazrat A'mash rapporte que Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou‎) faisait 20 Rak'aats de Taraawîh et 3 Rak'aats de Witr‎ (Mouhammad Bin Nasr al-Marwazi Oumdat-oul-Qaarî‎‎‎‎).

6)    Hazrat Yazîd Bin Roumaane rapporte que des personnes (des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et des Taabi'îne) faisaient 23 Rak'aats (20 Rak'aats de Taraawîh et 3 Rak'aats de Witr‎) à l'époque de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎). (Mou'atta Imaam Maalik).

7)    Hazrat Yahyaa Bin Saïd‎ al- Ançaarî rapporte que Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) avait ordonné à une personne de faire 20 Rak'aats de Taraawîh. (Mousannaf Bin Aboû Chaïbah‎‎).

D'après les Fouqahaa (juristes) les ahaadîce de Hazrat Yazîd Bin Roumaane et Yahyaa Bin Saïd‎ sont 'Mourçal'

Pour les Fouqahaa un Hadîce Mourçal est un Hadîce qui a une disconnection dans sa chaine de narration. Ici dans les ahaadîce ci-mentionnés ni Yazîd Bin Roumaane ni Yahyaa Bin Saïd‎ avaient entendu ces paroles directement de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎). Mais d'après Cheik Ismaël Bin Mouhammad Al-Ançaarî ces Ahaadîce, malgré les disconnections, sont valides puisqu'ils jouissent de l'approbation des savants.

Selon le Cheik Ismaël Bin Mouhammad, Allaamah‎‎ Ibn Taimiyyah a dit : quand un Hadîce mourçal a une autre preuve qui le confirme ou est soutenu par les pratiques des Salaf-e-Saalihîne, cela sert d'argument de par l'unanimité des Fouqahaa (juristes).

8)    Hazrat Abdoul Aziz Bin Roufai rapporte que Hazrat Oubaï Bin Ka'b faisait l'Imaamat pendant le mois de Ramadhaan à Madînah et il faisait 20 Rak'aats et 3 Rak'aats du Witr‎ (Mousannaf Bin Aboû Chaïbah‎‎).

Selon Cheik Ismaël Bin Mouhammad, Allaamah‎‎ Bin Taimiyyah a dit dans son Fataawaa qu’il a établi que Hazrat Oubaï Bin Ka'b faisait 20 Rak'aats de Taraawîh et 3 Rak'aats du Witr‎ pendant le Ramadhaan Charîf.

Donc, beaucoup d'Ou'lamaa ont considéré cette pratique comme Sounnah parce qu'il la faisait en présence des Mouhaadjir et des Ançaar et personne parmi eux n'avait contesté cette pratique.

Cheik Mouhammad A'lî‎ Saaboûni dit dans son livre, intitulé 'Al Hadyoun-Nabawî' que le nombre de vingt Rak'aats de Taraawîh a été pratiqué tout le temps et cela depuis l'époque de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) et que personne parmi les 4 Aimmah (R) n'a contesté une telle pratique sauf Imaam Maalik (R) qui était, selon une version, en faveur de 36 Rak'aats. Mais sa version la plus connue est de 20 Rak'aats comme les autres Aimmah (R). (Al-Hadyoun-Nabawî‎).

Il y a des savants qui disent que ces seize Rak'aats en plus n'étaient pas ceux du Taraawîh mais à la place des Dou'aas ou du Tawaaf que les gens de Makkah faisaient dans le Haram Charîf après chaque quatre Rak'aats, l'Imaam faisait quatre Rak'aats entre chaque quatre Rak'aats. Ce qui faisait un total de 36 Rak'aats.

Donc, concernant la Taraawîh il y seulement 20 Rak'aats. Les seize Rak'aats supplémentaires, étaient en remplacement des Dou'aas ou du Tawaaf.

Tous ces détails nous montrent que le Hadîce d'Abdoul Azîze Bin Roufai, qui malgré une disconnection dans sa chaine de narration, demeure valide en tant qu'argument solide vu le fait que son contenu a été approuvé par les savants et mis en pratique par les quatre célèbres Aimmah (R) : Imaam Aboû Hanîfah‎ (R), Imaam Maalik (R) Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Ahmad Ibn Hambal (R).

9)    Hazrat Souwaid Bin Ghaflah faisait l'Imaamat pendant le Ramadhaan et il faisait 20 Rak'aats en cinq Tarweehah (un Tarweehah est composé de quatre Rak'aats). (Baihaqui‎‎)

Hazrat Souwaid (R) fut un des grands Tabi'înes et il fut aussi un 'Moukhadram'. Un 'Moukhadram' est quelqu'un qui vécut à l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et qui avait accepté l'Islâm mais qui cependant n'avait pas vu Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Hazrat Souwaid (R) qui vivait parmi les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) connaissait très bien leur pratique et c'est ainsi qu'il faisait 20 Rak'aats.

10)           Parmi les Tabi'înes qui optèrent pour 20 Rak'aats de Taraawîh se trouvaient Shoutair Bin Shakal (un compagnon de Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou‎), Hazrat Ata Bin Aboû Rabaah, Hazrat Haarith Al-Hamadaani, Aboul Bakhtari, Saïd‎ Bin Aboul Hassan Al-Basrî, Saïd‎ Bin Joubair - A'lî Bin Rabi'ah et Ibn Aboû Moulaikah.

Dans le Mousannaf Aboû Chaïbah‎‎, la pratique de 20 Rak'aats a été mentionnée de la part de Shoutair Bin Shakal, Ibn Aboû Moulaikah, Harith Al-Hamadaani, Aboul-Bakhtari, A'lî Bin Rabi'ah et Saïd‎ Bin Joubair.

D'après Imaam Tirmîzî, Hazrat Ibn Aboû Moulaikah avait rencontré 30 Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎). Ce fait nous montre la valeur de la pratique d'Ibn Aboû Moulaikah.

Cheik Abdoullah Bin Mouhammad Bin Abdoul Wahhaab a cité dans Majmou'ah Al-Fataawaa-Al-Najdiyyah que lorsque Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) avait réuni tous les Mousallîs derrière Hazrat Oubaï Bin Ka'b, le nombre de Rak'aats était de 20.

Conclusion

La pratique d'accomplir 20 Rak'aats de Taraawîh est en conformité avec la pratique des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) tout comme Imaam Tirmîzî l'a mentionné. La pratique des Taabi'îne confirment de plus cette pratique et les quatre Aimmah (R) sont unanimes sur le nombre de 20 Rak'aats.

Pour les Ou'lamaa, quand les quatre Aimmah (R) ont déjà donné leur verdict sur un sujet quelconque, l'opinion qui diffère de celle des quatre Aimmah (R) est considérée comme étant à l'encontre de 1'Ijmaa. Ainsi, la pratique de moins de 20 Rak'aats de Taraawîh est à l'encontre de l'Ijmaa.

Cheik Sa'adî Aboû Jaïb dit dans son "Encyclopédie de consensus sur la jurisprudence Islamique" que la Salaah du Taraawîh contient 20 Rak'aats et c'est la pratique de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎). Les Sahaabah‎ (Radiyallahou anhoum‎) l'ont approuvé à l'unanimité. Selon le consensus des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) l'accomplissement de la Salaah du Taraawîh avec Djamaa'at est supérieur à son accomplissement individuel.

Quant aux Ahaadîce qui prouvent le contraire, ils ne peuvent être considérés comme un argument solide puisqu'ils vont à l'encontre du consensus des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et de quatre Aimmah sinon nous supposerons que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et les 4 Aimmah sont allés à l'encontre de Hadîce ce qui est inadmissible.

A ce stade il est plus qu'évident que ceux qui disent qu'il y a 8 et non 20 Rak'aats de Taraawîh en s'appuyant sur certaines Ahaadîce ont mal interprété ces Ahaadîce. Qu'ils se ravisent !

AHAADÎCE DE RAÇOULOULLAH (Sallallaahou A'laihi Wasallam) CONCERNANT LES 20 RAK'AATS.

Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faisait 20 Rak'aats et le Witr‎ pendant le mois du Ramadhaan (Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah‎‎).

Ce Hadîce est faible d'après les savants à cause de la présence du narrateur, Ibraahîm Bin Ous'maan dans sa chaine de transmission. Mais les savants sont unanimes sur le fait qu'une chaine de transmission faible n'affaiblit point le contenu du Hadîce puisqu'ils y a des contenus faibles qui ont des chaines de narration solides tout comme il existe de "matn" (contenu du Hadîce) fort dont le sanad (la chaine de narration) est faible.

Donc, à la lumière de cette explication on déduit aisément qu'un défaut dans le 'sanad' ne rend pas nécessairement le 'matn' d'un Hadîce aussi défectueux.

Il y a beaucoup de ahaadîce qui malgré de défauts dans leurs sanads ont atteint le degré de Sahîh lorsqu'ils sont appuyés par la pratique et l'approbation des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et des 'Aimmah Moudjtahidîne‎'.

Allaamah‎‎ Jalaalouddîne Al- Souyoûtî (R) a dit dans son livre 'Tadreeb-Al-Raawî' un Hadîce est authentifié quand les savants des Ahaadîce l'acceptent malgré le fait qu'il n'a aucun sanad Sahîh.

Ibn Abdoul Barr a, dans son livre 'Al-Istizkaar' rapporté un verdict de Imaam Boukharî concernant un Hadîce. L'Imaam Tirmîzî dit que Imaam Boukharî a authentifié un Hadîce selon lequel l'eau de la mer est pure en disant que les savants de Hadîce n'authentifient pas une telle sanad mais pour lui le Hadîce est Sahîh (authentique) parce que les Ou'lamaa l'ont accepté. De même Allaamah‎‎ Al-Khateeb dit au sujet du Hadîce de Hazrat Mou'aaz (Radiyallahou anhou‎) que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) délégua comme gouverneur du Yémen.

"Nous sommes convaincus que ce Hadîce est Sahîh auprès des savants parce qu'ils l'ont accepté et l'ont servi comme argument."

Pour Allaamah‎‎ Ibn Hadjar (R), l'unanimité des savants concernant la mise en pratique du contenu d'un Hadîce est un critère pour authentifier le Hadîce en question.

L'Imaam Chaafi'î (R) a, lui aussi, authentifié un Hadîce concernant l'eau et un autre concernant l'interdiction de testament en faveur d'un héritier en disant que les deux Ahaadîce en question jouissent de l'approbation de la majorité des savants même si leurs 'sanads' ne sont pas en position de les authentifier.

Cela dit, la question qui se pose maintenant est de voir et penser sur la possibilité d'authentifier le Hadîce d'Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) sur les 20 Rak'aats du Taraawîh par Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

En effet, les critères établis par les savants des Ahaadîce pour authentifier un Hadîce sont présents dans celui d'Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎). Donc, en fonction de son contenu ce Hadîce doit été Sahîh. Au cas contraire il n'existerait aucune différence entre le Hadîce d'Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) et les exemples ci-mentionnés.

KHATM-OUL-QOUR'AAM DANS LE TARAAWÎH

Hazrat Tha'labah Bin Abî Maalik (Radiyallahou anhou‎) rapporte qu'un certain soir du mois de Ramadhaan Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) vint dans le Masjid et vit un groupe de personnes qui faisaient la Salaah dans un coin du Masjid. Il demanda alors ce que faisaient ces personnes. Quelqu'un lui répondit :

"Ô‎‎Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ! Ce sont des personnes qui n'ont pas le Qour'aan avec elles (c'est à dire dans leur mémoire) et comme Hazrat Oubaï Bin Ka'b est à lire le Qour'aan dans sa Salaah ces personnes là le suivent." "Ils ont bien fait" ; dit ensuite Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). (Baihaqui).

C'est un Hadîce dont le sanad est solide. Se basant sur ce Hadîce, les savants ont déduit qu'il est Sounnah de faire le Khatm-oul-Qour'aan dans le Taraawîh. Pour comprendre cela nous devons d'abord savoir que lorsqu'on avait dit que "ces personnes là n'avaient pas le Qour’aan avec elles" - ne signifient pas qu'elles ne connaissaient pas suffisamment du Qour'aan par coeur pour leur permettre d'accomplir la Salaah correctement. De plus, il serait étrange et étonnant de penser que les Sahaabah Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) n'avaient pas mémorisé une partie suffisante du Qour'aan.

Donc, les mots' "n'ont pas le Qour'aan avec elles" cités dans le Hadîce de Hazrat Tha'labah (Radiyallahou anhou‎) signifient pour les savants que ces personnes-là n'avaient pas mémorisé le Qour'aan-é-Karîm dans son intégralité.

C'est pour cette raison qu'elles suivaient Hazrat Oubaï' Bin Ka'b (Radiyallahou anhou‎) qui, lui, avait déjà mémorisé entièrement le Qour'aan révélé à cette époque. Ce faisant, leur but de suivre un Imaam qui était un Haafiz-oul-Qour'aan, en l'occurrence Hazrat Oubaï Bin Ka'b (Radiyallahou anhou‎), était le Khatm-oul-Qour'aan.

C'est là le principe.

S'il arrive que le Khatm-oul-Qour'aan occasionne l'absence de Mousallîs, la récitation du Qour'aan doit être écourtée de sorte qu'elle ne soit plus un fardeau car priorité doit être donnée aux Mousallîs vu que l'accomplissement du Taraawîh est d'autant plus important que la récitation intégrale du Qour'aan.

Donc, si le Khatm-oul-Qour'aan devient un obstacle pour le Taraawîh il faut alors l'abandonner pour permettre à tous les Mousallîs d'accomplir au moins ce qui est essentiel - la Salaah du Taraawîh.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.6]