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Al Qour'aan
Le Qour'aan-é-Karîm est le livre par excellence qu'Allah Ta'aala, le Maître Suprême et Unique de tout l'Univers, a révélé à l'humanité entière à travers son dernier Prophète Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Allah Ta'aala, l'Unique Créateur de tout l'Univers est rempli de compassions pour Ses créatures. À travers le Qour'aan-é-Karîm, Allah Ta'aala a indiqué d'une façon nette et sans équivoque la voie à suivre et qui permettra à Ses créatures d'accéder au Djannah (paradis) et d'éviter le Djahannam (l'enfer). Cette voie que le Qour'aan-é-Karîm a tracée est L'UNIQUE VOIE SALVATRICE car le Qour'aan supplante toutes les révélations antérieures. C'est pourquoi Allah Ta'aala, le Suprême Dispensateur des Grâces, a élargi Son Dernier Message, à l'ensemble de l'humanité. Donc, le Qour'aan-é-Karîm est une bénédiction divine et guide Suprême qui transcende les races, les couleurs, les frontières et le temps. Et c'est pourquoi, à travers les versets édifiants du Qour'aan, Allah Ta'aala appelle tous les hommes, sans distinction aucune, vers Lui. Ainsi, il est clair que Ce livre ne concerne pas une communauté spécifique, mais le monde entier. Bref, tout ce qui concerne le salut de l'homme dans l'au-delà et son bien être dans ce monde se trouve condensé dans le Qour'aan-é-Karîm - la Parole infaillible d'Allah Ta'aala.
Le Qour'aan-é-Karîm est un livre qui n'a pas été révélé en un seul jour. Contrairement aux livres des lois et des constitutions, la révélation du Qour'aan-é-Karîm s'étala sur une période de vingt trois années.
Dès que le premier message de ce livre fut reçu, il fut mis en pratique le même jour de sa révélation. Cette révélation continuait à descendre selon les circonstances et contextes qui allaient se présenter de temps à autre.
La révélation graduelle du Qour'aan-é-Karîm aida ce peuple, qui était plongé dans l'obscurité totale, à changer graduellement mais fermement et cela sans que ce peuple le sentait comme un fardeau. Le fait que la révélation du Qour'aan-é-Karîm était liée aux circonstances et contextes qui se produisirent, aida le peuple de cette époque à mieux comprendre l'esprit de ce message avec toutes ses implications et détails.
Et aujourd'hui, si on veut comprendre le sens exact de ce message, il est indispensable qu'on connaisse les circonstances et contextes dans lesquels ce message de salut éternel a été révélé.
La révélation graduelle fut, en effet, un moyen sûr et efficace pour une meilleure compréhension et assimilation de ce message de vie et d'espérance comme il est dit dans le Qour'aan-é-Karîm :
"Si seulement on avait fait descendre sur lui le Qour'aan en une seule fois. Nous l'avons révélé ainsi, pour que ton coeur en soit raffermi et nous l'avons fait réciter avec soin."(25:32)
LES DEUX ÉTAPES - MAKKÎ ET MADANÎ
La révélation du Qour'aan-é-Karîm comprend deux étapes principales. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) comme on le sait, a fait le Da'wah pendant une période de treize ans à Makkah (La Mecque).
Après cette longue période la persécution des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) par les Kouffaar devenait de plus en plus cruelle et Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) reçut l'ordre d'Allah Ta'aala d'émigrer à Madînah. Cet événement est connu en Islâm comme le Hidjrah et revêt un caractère tellement important que le calendrier islamique commence à partir de là.
La révélation qui eut lieu avant le Hidjrah est connue comme "Makkî" tandis que celle qui eut lieu après est connue comme Madanî.
La connaissance des révélations Makkî et Madanî est essentielle pour un Moufassir (commentateur du Qour'aan) dans la mesure où elle le permet de déterminer le "Naasikh" (Naasikh est le verset qui a abrogé un autre verset) et le "Mansoûkh" (verset abrogé) au moment d'une contradiction sans qu'il y ait aucune possibilité de réconciliation entre deux ou plusieurs versets.
Bref, le principe de Naasikh et Mansoûkh est étroitement lié avec la connaissance des sourates Makkî et Madanî. Donc, c'est indispensable à un Moufassir d'avoir une telle connaissance.
MAKKÎ ET MADANÎ ET LE PRINCIPE DE DA'WAH
Le Qour'aan-é-Karîm est la Parole et le Message d'un seul Être - Allah Rabb-oul-Aalamîne - mais qui cependant, adopte un ton différent dans les révélations Makkî et Madanî en raison des différentes mentalités et des différentes étapes dans la vie des créatures.
En effet, le ton des sourates Makkî est beaucoup plus sévère et plus intense que celui des sourates Madanî. Il y a aussi une grande différence dans les contenus des deux étapes. Les sourates Makkî traitent de trois sujets qui sont le Tauhîde, le Riçaalat et le Ma'aad (Conception de Aakhirah).
Il est un fait évident, et chacun le sait, que l'action repose sur la croyance (Aqîdah - article de foi). En tant que musulmans nous disons que l'A'mal (l'action) est basée sur l'Aqîdah. De plus, la solidité ou la fragilité de l'Aqîdah se reflète sur l'A'mal tout comme la fermeté ou la faiblesse dans la conviction a son effet sur le mouvement et l'action. Puisque l'enseignement du Qour'aan-é-Karîm comprend l'Aqîdah et l'A'mal, il a été nécessaire, dans un premier temps, de consolider l'Aqîdah pour ensuite raffermir l'A'mal. De plus, il faut qu'il y ait une raison ou une cause pour accepter un message et de l'exécuter par la suite.
La raison principale d'accepter le message du Qour'aan-é-Karîm à tous les niveaux est la croyance dans un autre monde connu comme Aakhirah où chacun aura à rendre des comptes pour toutes ses actions. C'est justement dans la croyance ferme qu'Allah Ta'aala le fera revivre après sa mort - qu'il sera jugé devant son Créateur - récompensé et admis au Djannah ou puni et envoyé au Djahannam - que réside la force motrice du Croyant.
Le degré de fermeté dans le comportement est tributaire du degré de fermeté dans la croyance de l'Aakhirah. De même, toute faiblesse dans cette conception entraînera vers la négligence et l'abandon des préceptes islamiques. Donc, la sagesse divine a voulu d'abord qu'on inculque une telle notion pour ensuite faciliter l'A'mal. C'est cela qu'on a interprété comme étant le Yaqîne - le Yaqîne concernant l'Aakhirah, le Yaqîne concernant la punition en cas de désobéissance et le Yaqîne concernant la récompense en cas de soumission. C'est ce même Yaqîne qui aide à surmonter des obstacles et qui facilite le travail et les Aa'maal difficiles. C'est ce même Yaqîne qui poussa les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) à tout sacrifier même jusqu'à leurs vies.
Nous avons, dans ce sens, un Dou'aa de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui se lit comme suit :
"Ô Allah, accorde nous une telle quantité de Ta Crainte qui agira comme une barrière entre nous et Ta désobéissance. Donne nous une telle quantité de soumission par laquelle Tu nous mettras dans le Djannah ; et une telle quantité de Yaqîne qui nous aidera à surmonter les difficultés mondaines et celles de l'Aakhirah."
La leçon concernant le Dou'aat (prédicateur) là-dedans est claire. D'abord, il faut parler sur Allah Ta'aala, ensuite sur Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), l'Aakhirah et finalement sur le "Masla" et "Maçaail" (aspect légal) parce que le sujets comme Tauhîde, Riçaalat et Ma'aad ont été développés pendant treize années à Makkah, et ce n'est qu'après que la plupart des lois ont été révélées à Madînah.
Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou) a expliqué clairement le point concernant le Da'wah où elle dit :
"Le premier message qui fut révélé était un Sourah de "Moufassal" qui fit mention de Djannah et de Djahannam et ce n'est qu'après que les gens se sont bien identifiés à l'Islâm que la loi concernant le Halaal et Haraam fut révélée. Si au début même, on avait interdit la consommation des boissons alcooliques, ils auraient dit : Nous ne la quitterons jamais. Si on leur avait interdit de commettre le Zinaa, ils auraient dit : Nous ne quitterons jamais le Zinaa." (Boukharî)
SHAAN-E-NOUZOÛL ET QOUR'AAN-É-KARÎM EN TRADUCTION
Quand une loi est instituée suite à un événement, les gens qui vivent à cette époque et qui sont témoins des circonstances et des conditions dans lesquelles cette loi est promulguée comprennent mieux une telle loi et l'esprit de cette loi que les gens qui n'ont pas été témoins de cet événement. C'est parce que la connaissance des circonstances auxquelles des lois sont liées est indispensable pour une connaissance parfaite et concrète de ces lois :
Le contexte ou circonstance dans laquelle un verset a été révélé est connu comme "Shaan-é-Nouzoûl".
La connaissance de Shaan-é-Nouzoûl est d'une importance primordiale pour les Moufassirîne et elle est même indispensable pour l'interprétation correcte du Qour'aan-é-Karîm. En l'absence d'une telle connaissance, une personne qui n'est pas un "Aa'lim" (savant) et qui étudie le Qour'aan-é-Karîm dans sa traduction seulement demeure tous le temps dans la crainte d'être une victime de Chaïtaan et très souvent, suite à une mauvaise compréhension, il tombe dans la confusion et l'égarement. C'est ainsi qu'on trouve beaucoup de disputes au sein de la communauté. Et c'est pourquoi les Ou'lamaa (savants) interdisent une telle personne d'étudier le Qour'aan à partir d'une traduction et tout seul sans la supervision de quelqu'un qui s'y connaît et qui, à son tour, a appris de quelqu'un qui est qualifié.
LES SAHAABAH (RADIYALLAHOU ANHOUM) ET LA COMPRÉHENSION DU QOUR'AAN
Le premier groupe de personnes qui reçut le message du Qour'aan-é-Karîm furent les illustres Sahaabah Kiraam (Radiyallahou anhoum). Ils eurent non seulement l'honneur mais aussi le bonheur d'être au côté de celui qu'Allah Ta'aala avait envoyé comme une bénédiction et miséricorde au monde entier, Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Les Sahaabah (Radiyallahou anhou) furent les témoins de la révélation du Qour'aan-é-Karîm et vécurent les circonstances et contextes dans lesquels les lois universelles du Qour'aan-é-Karîm furent promulguées. Donc, ce sont eux les plus grands savants du Qour'aan exception faite, bien entendu, du Messager d'Allah, Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Ils sont, de plus, la corde principale qui noue l'Oummat entière avec le Qour'aan-é-Karîm.
L'Imaam Ghazaalî (R) l'a si bien dit dans son "Ihyaa-oul-Ou'loom" :
"Et maintenant les pratiques des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) aussi sont une des quatre sources du Charî'ah car elles indiquent le Sounnah - la pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) parce qu'ils ont été témoins de la révélation et ils ont observé, à travers des indices circonstancielles, beaucoup de choses qui sont resté cachées des autres. Très souvent, les mots ne parviennent pas à exprimer de façon exacte des choses qu'on a aperçues à travers des indices ou observations visuelles. C'est dans cette optique que les savants disent qu'il faut suivre et adopter les pratiques et les opinions des Sahaabah (Radiyallahou anhoum).
L'interprétation du Qour'aan-é-Karîm ou d'un Hadîce par un Sahaabî (Radiyallahou anhou) reste la plus valable parce qu'elle tient en considération beaucoup de facteurs, en particulier les contextes et les conditions dans lesquels le verset a été révélé ou le Hadîce a été dit. De plus, comme Imaam Ghazaalî (R) a dit, il est difficile de décrire un contexte avec tous ses détails.
Le comportement des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) forme le "Critère de Haq" sur lequel l'Oummah Mouslimah doit établir la vérité. Ils furent les premiers élèves et adeptes du Qour'aan-é-Karîm et c'est à travers eux que l'Oummah Mouslimah a obtenu le Qour'aan. Ils sont le premier maillon de cette chaîne qui joint l'Oummah entière avec le Qour'aan-é-Karîm.
De plus, la véracité du Qour'aan-é-Karîm repose sur leur intégrité et crédibilité. Toute tentative visant à les discréditer sera interprétée comme une tentative de discréditer le Qour'aan-é-Karîm et de l'ôter de son authenticité. Le premier maillon étant devenu défectueux signifie qu'il n'y a, désormais, aucune garantie que le Qour'aan actuel est le même qui fut révélé à Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Il y a des sectes égarés qui remuent ciel et terre pour faire croire à l'Oummah que le vrai Qour'aan n'existe pas. Selon, eux, le vrai Qour'aan serait avec l'Imaam invisible qui apparaîtra dans le dernier temps ! Il s'agit là, bien sûr, d'une tentative malveillante de semer le doute sur ce qui ne saurait être suspecté. De plus, ce sont des inventions sans fondement et tissées de mensonges avec lesquelles ils veulent empester l'Oummah Mouslimah. De tels blasphémateurs ne peuvent que terminer leurs cours dans la géhenne. Ils ont, de plus, discrédité les Sahaabah Kiraam (Radiyallahou anhoum) en prétendant qu'après Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), à l'exception de quelques Sahaabah (Radiyallahou anhoum), tous les autres sont devenus des Mourtads (renégats) ! Naoûzoubillah ! Par contre, nous savons et nous avons la certitude absolue que tous les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) indistinctement sont au delà de toutes sortes de critiques. S'il y avait des différences entre eux c'était la différence de l'Ijtihaad, (Ijtihaad est un effort sur la recherche de la vérité) ou des différends basés sur le souci de rechercher et de connaître la vérité et non pas sur des conflits personnels et jamais sur nafçaaniyat.
Comment se fait-il qu'un musulman puisse l'interpréter autrement surtout quand la pratique et le comportement des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) constituent le "Critère de Haq" et ont été décrétés comme tel et servent aussi d'arbitrage dans le cas des Ahaadîce contradictoires. C'est dans ce contexte que l'Imaam Aboû Daawoûde (R) a dit que quand il y a contradiction entre deux Ahaadîce, il faut avoir recours aux pratiques des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) pour déterminer la dernière pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Pour les Mouhaddiçîne, un Hadîce dit faible peut être authentifié au cas où la pratique des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) soutient son contenu. De même, Imaam Maalik (R) a opté pour des Ahaadîce faibles aux dépens des Ahaadîce relativement forts de par leurs sanads (chairs de transmission) parce que les Ahaadîce faibles, contrairement aux Ahaadîce forts, bénéficient de l'appui des pratiques des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) et des Taabi'îne (R).
Tout cela nous montre la position importante et élevée qu'ont les Sahaabah Kiraam (Radiyallahou anhoum) dans la compréhension correcte de Dîne. Tous ceux qui pensent autrement s'égarent et ne sont pas considérés parmi le groupe qui obtiendra le najaat parmi les 73 sectes.
"LE TILAAWAT-OUL-QOUR'AAN-É-KARÎM"
Le Tilaawat-oul-Qour'aan-é-Karîm renferme des récompenses inestimables. Ce çawaab est inestimable parce qu'il est impérissable. Il est dit, par exemple, que les deux Rak'aats Sounnah de la Salaah de Fadjr sont meilleurs que ce Dounyaa (ce monde) et tout ce qu'il contient parce que les récompenses qu'Allah Ta'aala a fixées sur ces deux Rak'aats Sounnah sont perpétuelles tandis que ce monde et tous ses plaisirs ne sont qu'éphémères.
Allah Ta'aala nous dit dans le Qour'aan que les richesses qui sont auprès de nous s'épuiseront tandis que celles qui sont auprès de Lui sont éternelles. Dans ce même sens, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit qu'un Soubhanallah et Alhamdoulillaah remplissent l'espace entre le ciel et la terre des çawaabs.
De nos jours, il est malheureux de constater que la notion de çawaab est devenue une chose archaïque, dépassée et dont on ne se soucie guère. Au contraire, la plupart des personnes préfèrent lire des journaux et regarder un court documentaire à la télévision que de lire quelques versets du Qour'aan-é-Karîm. La récitation du Qour'aan-é-Karîm est devenue une pratique réservée aux enfants de Madrassah et aux "miajis".
Le Qour'aan est une source intarissable de sagesse. Sa récitation est une action bénie qui nous submerge de la grâce divine, nous transforme, nous ravive la foi et inonde nos coeurs de lumière.
La supériorité du Qour'aan sur tous les autres livres est semblable à celle d'Allah Ta'aala sur Ses créatures. Une personne a une certaine valeur ou grandeur uniquement pour avoir étudié et maitrisé les oeuvres de grands poètes et écrivains tels que Iqbal, Ghâlib et Shakespeare alors qu'elle doit être la valeur d'une personne qui a étudié le Qour'aan?
Mais malheureusement, dans ce monde où nous vivons et qui est noyé dans le matérialisme, c'est une autre monnaie qui passe et qui compte. C'est pourquoi on ignore la valeur de la lecture et de l'étude du Qour'aan et cette monnaie si précieuse, qui est une fortune inépuisable qu'on prend pour désuète comptera beaucoup devant Allah Ta'aala parce que Lui, Il connaît sa vraie valeur.
Il est à noter que la lecture du Qour'aan dont on fait référence concerne la lecture sans compréhension. D'aucuns pensent qu'une telle lecture est dénuée de récompense. Il n'y a rien de plus faux. La lecture du Qour'aan est un Ibaadah en elle-même. Certes une personne qui comprend ce qu'elle lit aura beaucoup plus de récompense.
Chaïtaan est l'ennemi juré d'Inçaan (l'homme). Il est toujours fin prêt à égarer l'homme (Inçaan) et à lui faire du tort. Il se faufile dans les pensées d'Inçaan et lui inspire des pensées malpropres et erronées pour l'amener à vivre dans la confusion, la perdition et la superstition. Mais chaïtaan, étant une obscurité, disparaît là où brille la lumière.
En effet, chaïtaan ne peut demeurer dans une maison où le Qour'aan-é-Karîm est récité. Ainsi, il n'arrive pas à faire des dégâts qu'il est capable de faire dans une maison où le Qour'aan-é-Karîm n'est pas récité. Donc, le Qour'aan-é-Karîm est une "Noûr" (lumière) dans la maison.
Jusqu'à quand continuerons-nous à perdre notre temps en lisant des Romans d'amour et des livres comme Mills & Boons, pour ne citer que ceux là ? Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que celui qui n'a aucune partie du Qour'aan dans son coeur est semblable à une maison abandonnée.
Dans un autre Hadîce Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Ne faites pas de vos maisons des tombes. Certainement chaïtaan se tient à l'écart d'une maison où l'on récite le Sourah Baqarah."
Une autre fois Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) prodigua les conseils suivants à Hazrat Aboû Zar (Radiyallahou anhou) :
"Aies la crainte d'Allah Ta'aala. Fais le Tilaawat-oul-Qour'aan régulièrement parce que c'est pour toi une Noûr (lumière) dans ce monde et un dépôt dans le ciel."
Dans un autre Hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Illuminez vos maisons avec le Zikroullaah et faites le Tilaawat-oul-Qour'aan abondamment chez vous. Ne convertissez pas vos maisons en des tombes comme les juifs et les chrétiens l'ont fait. Une maison dans laquelle le Qour'aan-é-Karîm est lu s'élargit sur ses habitants et les bénédictions s'y multiplient, les anges y descendent et Satan quitte cette maison, et une maison dans laquelle le Qour'aan-é-Karîm n'est pas lu, le gêne s'empare d'elle, elle est dépourvue de bénédiction, les anges la désertent et Satan la ravage."
A la lumière de ce Hadîce nous pouvons déduire la cause des disputes, des discordes, dans les foyers des familles musulmanes. Il ne peut y avoir de barakah dans une maison dont l'atmosphère est propice au chaïtaan et qui empêche les anges de bénédiction d'y entrer. Au lieu de Tilaawat-oul-Qour'aan, c'est le magnétoscope (vidéo), la télévision, la radiocassette et le composant de la haute fidélité qui se font entendre dans les maisons et c'est là une des causes principales de notre déchéance.
LE TILAAWAT-OUL-QOUR'AAN ET LES SAHAABAH (RADIYALLAHOU ANHOUM)
Chaque personne lit les livres qu'elle aime le plus. Des livres dans lesquels elle trouve qu'il y a beaucoup de profit et qui lui procurent le maximum de plaisir.
Les livres tels que Mills & Boons, Hadley Chase, les romans policiers et détectives etc. sont très populaires et très prisés dans notre société pour une ou plusieurs raisons susmentionnées.
Quant aux Sahaabah Kiraam (Radiyallahou anhoum) qui étaient de fervents aspirants de l'Aakhirah, le Qour'aan-é-Karîm - la perfection et l'aboutissement du Message Divin, Critère de Vérité Absolue et Source de bienfaits - était le livre auquel ils étaient profondément attachés. Ils s'adonnaient au Tilaawat-oul-Qour'aan pendant la nuit et le jour sans jamais s'en lasser tout comme un amoureux ne se lasse jamais de lire une lettre d'amour qu'il a reçue de sa bien-aimée. Pour ces aspirants ardents de l'Aakhirah qu'étaient les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) le Qour'aan-é-Karîm représentait beaucoup plus qu'une lettre d'amour représente pour un amoureux, car le Qour'aan-é-Karîm est la parole d'Allah Ta'aala et le plus grand miracle de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Sa lecture est faite par amour à un Être Immortel (Allah Ta'aala) tandis que dans le cas d'un billet doux il est question d'amour avec un mortel. C'est ce même amour qui rendait le Tilaawat-oul-Qour'aan extrêmement agréable pour les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) et surtout pendant le silence de la nuit. Inspirés par les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) qui avaient connu la douceur de la foi, les Taabi'îne suivirent leur exemple dans l'excellent Ibaadah qu'est le Tilaawat-oul-Qour'aan.
Hazrat Ous'maan (Radiyallahou anhou) s'adonnait tellement au Tilaawat-Oul-Qour'aan que sa copie du Qour'aan était abîmée et déchirée. Hazrat Abdoullah Bin A'mr (Radiyallahou anhou) récitait le Qour'aan-é-Karîm durant toute la nuit dans la Salaah. Dans un Hadîce, il est dit qu'il faisait un Khatm (lecture complète) tous les trois jours.
Le nombre de Tilaawat-oul-Qour'aan que faisaient nos "Salaf-e-Saalihîne" (ancêtres pieux) étonnera plus d'un. Il y a même des personnes qui refusent de le croire. Mais la vérité reste ce qu'elle est et le témoignage des Ou'lamaa suffit pour confirmer la véracité de ces informations.
NOMBRES DE KHATM-OUL‑QOUR'AAN ET SALAF-E‑SAALIHÎNE
Le nombre de personnages qui ont terminé le Qour'aan-é-Karîm dans un Rak'aat est élevé. Parmi eux nous avons Hazrat Ous'maan (Radiyallahou anhou), Hazrat Tameem Daari (Radiyallahou anhou), Hazrat Sa'îd Bin Djoubeïr (Radiyallahou anhou).
Le plus grand nombre de Khatm-oul-Qour'aan s'élève à huit en un seul jour. En effet, selon Imaam An-Nawawî (R), Sayyid Al-Jaleel Ibn-oul Khateeb Al-Soufi (R) faisait en un jour huit Khatm au total : quatre pendant le jour et quatre pendant la nuit.
Hazrat Mançoûr Bin Zazaan (R) un célèbre Taabi'î avait l'habitude de faire un Khatm-oul-Qour'aan entre Zouhr et A'ssr et un entre Maghrib et I'chaa. Pendant le Ramadhaan Charîf, comme on retardait la Salaah de I'chaa jusqu'au quart de la nuit, il faisait un peu plus de deux Khatm-oul-Qour'aan entre Maghrib et I'chaa.
Selon Allaamah An-Nawawî (R), Ibn Aboû Daawoûde (R) a, à travers un sanad authentique, rapporté que Hazrat Moudjahid (R) faisait un Khatm-oul-Qour'aan entre Maghrib et I'chaa pendant le Ramadhaan Charîf.
Hakim Aboû Abdoullah (R) rapporte que lorsque Imaam Boukharî (R) faisait l'Imaamat pour ses compagnons pendant le Ramadhaan Charîf il récitait vingt versets du Qour'aan dans chaque Rak'aat jusqu'à ce qu'il terminait le Qour'aan-é-Karîm. A l'heure du Sehri il récitait entre le tiers et la moitié du Qour'aan-é-Karîm de façon à ce qu'il terminait le Qour'aan chaque trois nuits à l'heure du Sehri. De plus, il faisait chaque jour un Khatm-oul-Qour'aan qu'il terminait au moment de l'Iftaar et il disait qu'il y a un Dou'aa qui est accepté au moment de chaque Khatm.
Donc, nous voyons que les habitudes des Salaf-e-Saalihîne concernant le Khatm-oul-Qour'aan différaient les unes des autres. Certains faisaient un Khatm tous les jours. D'autres faisaient deux, trois, quatre, jusqu'à huit Khatm-oul-Qour'aan quotidiennement. Mais la pratique de la plupart des Sahaabah (Radiyallahou anhou) était de faire un Khatm-oul-Qour'aan dans une période de sept jours.
HADÎCE INTERDISANT LE KHATM-OUL-QOUR'AAN DANS MOINS DE TROIS JOURS
Pour les savants, le Hadîce interdisant le Khatm-oul-Qour'aan dans une période de moins de trois jours ne s'applique pas généralement à tous. Selon eux, ce Hadîce s'applique seulement aux personnes qui ne peuvent pas concentrer et ne peuvent lire le Qour'aan correctement. Par contre, ce Hadîce ne s'applique pas aux personnes qui, en dépit de leur vitesse, peuvent lire correctement et avec concentration.
La pratique des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) et des Taabi'îne (R) suffit pour nous démontrer que ce Hadîce n'a pas une application générale. Sinon comment était-il possible pour eux de faire un Khatm en moins de trois jours, malgré une telle interdiction. L'Imaam Boukharî (R) qui a rapporté ce Hadîce de Abdoullah Bin A'mr (Radiyallahou anhou) où Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a interdit de faire un Khatm-oul-Qour'aan en moins de trois jours faisait lui-même plus d'un Khatm par jour.
Il ne faut pas croire donc qu'il est impossible de lire autant de Qour'aan Charîf en si peu de temps. Ce serait une grave erreur de notre part. Il faut tenir compte de la grande vitesse des Salaf-e-Saalihîne et leur amour pour la lecture du Qour'aan Charîf. De plus, Allah Ta'aala avait accordé un karaamat à nos Salaf-e-Saalihîne en raison de leur piété peu commune.
Dans le Boukharî Charîf, il y a un Hadîce qui dit qu'après que Hazrat Daawoûde (Alaihis Salaam) eût ordonné de préparer sa monture il commença la lecture du Zaboûr et le termina avant même que sa monture fut prête.
Allaamah Badrouddîne Aïnî (R) a dit dans son livre 'Oumdat-oul-Qaarî' que ce fait relève de Tayyouzzamaan et Tayyoulmakaan qui sont des choses qui ne peuvent être conçues que par celui qui est doué de Faiz-e-Rabbaanî (don divin).
En effet, à l'époque de Salaf-e-Saalihîne, Allah Ta'aala accordait Son Barakah ; ce qui leur permettait d'accomplir beaucoup de choses dans un laps de temps très court.
Tayyouzzamaan est le rétrécissement du temps ou le Barakah dans le temps.
Tayyoulmakaan est le rétrécissement de l'espace ou le Barakah dans l'espace et la distance.
LES VERTUS DU TILAAWAT-OUL-QOUR'AAN
- Hazrat Ibné Oumar(Radiyallahou anhou) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Hasad (la jalousie) n'est pas permise, sauf à l'égard de deux (personnes) ; une personne à qui Allah a accordé (la bénédiction de réciter) le Qour'aan et y reste occupé jour et nuit et une personne à qui Allah a accordé la richesse et qu'il dépense jour et nuit (dans le chemin d'Allah).
- Hazrat Aboû Saîde (Radiyallahou anhou) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Allah a dit que celui que le Qour'aan absorbe à tel point qu'il ne trouve pas de temps pour faire Mon zikr et Me faire des supplications (Dou'aas), je lui donnerai plus que ce que Je ne donne à ceux qui Me font des supplications. La supériorité de la Parole d'Allah sur toutes les autres paroles est comme la supériorité d'Allah sur toutes Ses créations."
- Lisez le Qour'aan-é-Karîm car il sera comme un intercesseur le jour du Qiyaamah. (Hadîce)
- Les maisons dans lesquelles il y a lecture du Qour'aan-é-Karîm brillent pour les habitants du ciel comme les étoiles brillent pour les habitants de la terre. (Hadîce)
- Il est Masnoûne de faire le Miswaak pour le Tilaawat-oul-Qour'aan.
- Il est meilleur de lire dans un Qour'aan quand on fait le Tilaawat que de réciter par coeur (sauf pour les Houffaaz). Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Lire le Qour'aan-é-Karîm tout en regardant est supérieur à une récitation (par coeur) tout comme le Farz est supérieur au Nafl."
- Il est Masnoûne de faire le wouzou avant de réciter (par coeur) le Qour'aan-é-Karîm.
- Il est Waadjib d'avoir le Ghouçal et le wouzou quand on attrape le Qour'aan.
- On n'a pas le droit de lire le Qour'aan-é-Karîm dans l'état de janaabat et cela même par coeur.
- Il est Masnoûne de recommencer le Tilaawat-oul-Qour'aan à chaque fois qu'on l'a complété.
- Au moment de chaque Khatm-oul-Qour'aan il y a un Dou'aa qui est accepté par Allah Ta'aala. Donc, il est préférable de réunir l'épouse et les enfants quand on fait ce Dou'aa. Quand Hazrat Anas (Radiyallahou anhou) terminait le Qour'aan-é-Karîm il réunissait sa famille pour faire ce Dou'aa.
QUELQUES RÈGLEMENTS CONCERNANT LE TILAAWAT-OUL-QOUR'AAN
- Il est Masnoûne de faire le Miswaak pour le Tilaawat-oul-Qour'aan.
- Il est meilleur de lire dans un Qour'aan quand on fait le Tilaawat que de réciter par coeur (sauf pour les Houffaaz). Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Lire le Qour'aan-é-Karîm tout en regardant est supérieur à une récitation (par coeur) tout comme le Farz est supérieur au Nafl."
- Il est Masnoûne de faire le wouzou avant de réciter (par coeur) le Qour'aan-é-Karîm.
- Il est Waadjib d'avoir le Ghouçal et le wouzou quand on attrape le Qour'aan.
- On n'a pas le droit de lire le Qour'aan-é-Karîm dans l'état de janaabat et cela même par coeur.
- Il est Masnoûne de recommencer le Tilaawat-oul-Qour'aan à chaque fois qu'on l'a complété.
- Au moment de chaque Khatm-oul-Qour'aan il y a un Dou'aa qui est accepté par Allah Ta'aala. Donc, il est préférable de réunir l'épouse et les enfants quand on fait ce Dou'aa. Quand Hazrat Anas (Radiyallahou anhou) terminait le Qour'aan-é-Karîm il réunissait sa famille pour faire ce Dou'aa.
Qu'Allah Ta'aala nous donne Taufîq d'accomplir les droits du Qour'aan-é-Karîm. Qu'il nous donne également le Taufîq de le lire autant que possible, de le bien comprendre et de le mettre en pratique enfin que le Qour'aan-é-Karîm soit pour nous une lumière dans ce monde comme dans l'autre. Aamîne.
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.7]
