Hadj – pilier de l’islâm

Le Hadj, devenu Farz (obligatoire) vers la fin de la neuvième année de l'Hégire, est un des cinq piliers de l'Islâm. Tout comme les autres préceptes et commandements de l'Islâm, le Hadj renferme bon nombre de vertus.

Tout comme les cinq Salaahs‎‎ (prières) quotidiennes en Djamaa'at (congrégation) qui réunissent les fidèles d'une localité, la Salaah de Djoum'ah (vendredi) qui réunit les fidèles de plusieurs régions avoisinantes, et celle de Eid les fidèles de toute une ville, le Hadj, lui, est un événement qui rassemble les musulmans fidèles venus des coins et recoins du globe dans une seule "Maidaan" (plaine), dans un seul état d'esprit, s'orientant vers une seule direction, revêtus d'une seule manière et avec un seul but : celui de chanter la gloire d'Allah Ta'aala avec une seule formule, malgré les différences de langue :

(a) Labbaïk Allaahoumma Labbaïk, (b) Labbaïk laasharîka laka Labbaïk, (c) Innal hamda Wan­ni'mata laka, wal moulk, (d) Laasharîka laka.

(a) Me voilà, Ô Allah ! Me voilà ! (b) Me voilà ! Tu n'a aucun associé, me voilà ! (c) En vérité, toute louange, faveur et souveraineté T'appartiennent. (d) Tu n'as aucun associé.

Le Hadj a toujours été pratiqué par les arabes, même avant l'avènement de l'Islâm, car c'était une pratique de Hazrat Ibraahîm (Alaihis Salaam). En effet, ils avaient adopté quelques principes de Hazrat Ibraahîm (Alaihis Salaam), mais avec le passage du temps, le vrai visage du Hadj a été déformé et ses pratiques teintées des couleurs infectes de Chirk et de Koufr, ce qui vont totalement à l'encontre de l'esprit de Tauhîde‎‎‎ (unicité d'Allah) et le message de l'Islâm. Ils faisaient le Talbiyah d'Allah (Labbaïk...) et aussi celui de leurs idoles. Ils faisaient le Tawaaf et le Qourbaanî au nom de leurs idoles. Sur les monts de Safaa et de Marwah‎‎ se trouvaient des idoles qu'ils adoraient. Pendant leur séjour à Minaa, au lieu de glorifier Allah Ta'aala, ils glorifiaient leurs ancêtres.

C'est pour cette raison que les Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) étaient quelque peu réticents pour effectuer le "Sai" entre Safaa et Marwah‎‎. Ils étaient sous l'impression que le "Sai" entre Safaa et Marwah‎‎ était une pratique de Djaahiliyyah malgré l'absence des idoles à cette époque-là.

Compte tenu des conditions qui prévalaient à l’époque de Djaahiliyyah (ignorance) le Hadj est une occasion pour les musulmans de tous les coins et recoins du monde de s'opposer aux Moushrikîne, en glorifiant de différentes manières Allah Ta'aala seulement - Talbiyah pour Allah seul, Tawaaf pour Allah seul, Salaah pour Allah seul. Compte tenu de ce qui a été dit plus haut, il est aisé de comprendre le Hadîce où Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Le meilleur des Dou'aas est celui du jour d'Arafaat et la meilleure des paroles que tous les Prophètes et moi-même avons prononcées sont "Soubhaanallahi, Walhamdoulillahi, Walaa ilaaha illallaahou, Wahdahou, Laasha­rïkalahou, Lahoul moulkou, Walahoul­hamdou Wahouwa a'laa koulli shai-in qadeer."

Ce sont là des paroles qui expriment l'unicité, la grandeur et la capacité d'Allah Ta'aala. C'est le slogan de ''Hizboullah" (partisans d'Allah) contre les polythéistes, les moushrikîne, les athées et les kouffaar en général. Le Hadj est donc une occasion pour se rassembler et s'unir contre les forces opposant l'Islâm et son message. C'est un terrain d'entraînement où le monde islamique vient renouveler son adhérence et sa fidélité en Hizboullah. En répétant le Talbiyah, les musulmans prennent un engagement solennel (bai'ah) avec Allah Ta'aala qu'ils sont prêts à tout sacrifice pour la cause d'Allah.

L'ABANDON DU HADJ

Tout comme l'abandon des autres préceptes de l'Islâm, l'abandon du Hadj est très grave. Dans un Hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Celui qui possède le moyen lui permettant d'arriver jusqu'au Baïtoullah, mais qui, malgré cela, n'accomplit pas le Hadj, qu'importe qu'il meurt comme un juif ou un chrétien." (Tirmîzî et Daarimî)

Commentant ce Hadîce, Cheik Shah Walîyoullah Dehlawî (R) écrit dans Houjjatoullah-al-Baalighah :

"Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a comparé celui qui abandonne le Hadj à un juif ou un chrétien parce que les juifs et les chrétiens faisaient la prière, mais la pratique du Hadj n'existait pas chez eux."

Les savants de l'Islâm sont d'avis que ce Hadîce constitue une sévère mise en garde à ceux qui, en dépit de leurs moyens, n’accomplissent pas le Hadj.

Imaam Ghazaalî (R) rapporte la sévérité de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) à l'égard d'une telle personne :

"J'avais l'intention d'imposer une taxe (Jizyah) sur toute personne qui n'accomplit pas le Hadj en dépit du fait qu'elle fût en mesure de le faire."

(Jizyah est une taxe qui est imposée sur une communauté minoritaire dans un état Islamique).

Hazrat Allaamah‎‎ Ibn Kaçîr rapporte dans son Tafsîr que Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) a dit :

"Celui qui a les moyens d'accomplir le Hadj, mais ne le fait pas, alors, il n'y a pas de différence s'il meurt comme un juif ou un chrétien."

A la lumière de la décision et déclaration de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎), il est évident que l'abandon du Hadj constitue un péché tellement grave qu'il met le pécheur au même niveau que les juifs et les chrétiens. Des Taabi'îne tels que Hazrat Sa'îd Bin Joubair, Ibraahîm Nakh'î, Moujaahid et Twaa'ous refusaient de lire la Salaah de Djanaazah d'une personne riche qui, en dépit de ses moyens et facilités, n'avait pas accompli le Hadj.

Il est malheureux de constater que nombreux sont ceux qui pensent que le Hadj est sans importance. Nos frères effectuent des dépenses fabuleuses dans des extravagances lors des fiançailles, mariages, constructions, voyages de plaisance, etc. Mais lors qu’il s'agit d'accomplir le Hadj, ils trouvent toutes sortes d'excuses. Tous les prétextes sont bons. Par exemple, nombreux sont ceux qui avancent qu'il est mieux d'aider les pauvres, les déshérités, les laissés-pour-compte de la localité avec cet argent. Cela n'est qu'un prétexte. Ces gens-là n'accompliront ni le Hadj, ni ne viendront en aide aux pauvres. Nos frères doivent se mettre dans la tête une fois pour toutes qu'à l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) également, il y avait, à Madînah, des pauvres. Il n'avait pas pour autant, ordonné à ses nobles Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) d'abandonner le Hadj pour voler au secours des pauvres. Si vraiment nos frères éprouvent des sentiments sincères et tant de compassion à l'égard de nos déshérités, pourquoi n'ont-ils pas le même raisonnement lorsqu'il est question de fiançailles, mariages, constructions, voyages de plaisance, achat de téléviseurs, appareils vidéo (magnétoscope), appareils hi-fi pour la maison et pour sa voiture, et autres frivolités.

TROP JEUNE

Il existe une deuxième catégorie de gens qui pensent qu'ils sont trop jeunes pour accomplir le Hadj. C'est vraiment une insulte, une injure à Allah Ta'aala parce que leur jeunesse, leur énergie et leur vitalité, ils les dépensent dans la voie de chaïtaan en menant une vie dépravée, une vie de désobéissance et à l'encontre et en violation des commandements divins. Ils préfèrent, voire adoptent une vie calquée sur le mode de vie de leurs idoles, de leur Gourou, une vie de Yahoûdî et de Nasaara, à la vie exemplaire de notre bien-aimé Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Leur jeunesse consommée, consumée à une vitesse vertigineuse, leurs os ne supportant plus les courbatures de l'âge, ils se jettent par terre, se prosternent et frappent à la porte d'Allah Ta'aala. Quand personne, même pas leur propre progéniture, ne veut d'eux, alors ils se tournent vers Allah Ta'aala. Sans l'ombre d'un doute, Allah Ta'aala est débordant de pitié, est la source même de miséricorde et a plus de pitié qu'une mère éprouve à l'égard de son enfant qu'elle allaite encore. Allah Ta'aala est toujours disposé à pardonner et ne rejette pas une personne qui frappe à sa porte.

C’est une ruse de chaïtaan qui nous garde loin de l'obéissance d'Allah Ta'aala sous prétexte que ultérieurement, on peut faire le Taubah (repentir). Il est certes vrai qu'Allah Ta'aala accepte les Ibaadaat‎ même accomplis dans la vieillesse, mais il est aussi vrai que les Ibaadaat‎ accomplis dans sa jeunesse ont beaucoup plus de valeur auprès d'Allah Ta'aala.

Dans un Hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que le jour du Qiyaamah, 7 groupes de personnes seront sous l'ombre du Arsh (trône) d'Allah Ta'aala - jour où il n'y aura point d'ombre sauf celle de l'Arsh (trône) d'Allah. Parmi ces 7 groupes de personnes, figure celui qui s'est adonné à l'adoration de son Seigneur, Allah Soubhaanahoû wa Ta'aala, durant sa jeunesse.

Par ailleurs, l'accomplissement du Hadj comme il se doit requiert de l'énergie et du courage. En conséquence, un jeune, débordant d'énergie et de vitalité peut mieux accomplir le Hadj. Bref, être en mesure d'accomplir le Hadj dans son jeune âge et le reporter sous prétexte que la jeunesse doit être consacrée à la jouissance et à l'amusement, est une grave erreur. Cette attitude, répréhensible et hautement condamnable, émane des gens qui succombent aux ruses de chaïtaan. Qui sait que "plus tard" ne viendra jamais, car la mort nous guette à chaque pas de la vie et n'épargne pas les jeunes !

VERTUS DE HADJ

Si l'invité d'une haute personnalité, un roi par exemple, se sent, à juste titre, honoré et ressent une légitime fierté, pourquoi est-ce qu'un Haadji n'éprouverait-il pas le même sentiment ? Et ceci, non pas parce qu'il est devenu quelqu'un en accomplissant son devoir (le Hadj), mais plutôt parce que sa présence au Baïtoullah constitue une réponse à une invitation de la part du Roi des rois, Allah Ta'aala !

Allah Ta'aala dit dans le Qour'aan-é-Karîm :

"Appelle les hommes au Hadj, qu'ils viennent à toi à pied ou sur toute monture élancée. Qu'ils viennent par des chemins encaissés." (22 : 27)

Les Moufassirîne disent qu'Allah Soubhaanahoû wa Ta'aala ordonna en ces termes (termes du verset ci-dessus) à Hazrat Ibraahîm (Alaihis Salaam) d'appeler les gens au Hadj. Ce dernier, perplexe, se demanda comment son appel pouvait arriver jusqu'aux gens alors qu'il se trouvait au milieu d'un désert habité que par lui et sa famille. Allah Ta'aala lui fit comprendre que son devoir consistait seulement à faire l'appel et qu'il lui incombait à Lui, le Tout Puissant, (de le faire entendre).

Par conséquent, Hazrat Ibraahîm (Alaihis Salaam) escalada la montagne de Abdoul Qoubaïs et lança l'appel suivant :

‎‎les gens, Allah Ta'aala vous ordonne d'accomplir le Hadj du Bait-oul-Allah afin qu'Il puisse vous donner en retour le Djannah et vous épargner du châtiment du Djahannam."

Ceux qui depuis le rein de leurs parents ont répondu à cet appel accompliront le Hadj.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit dans un Hadîce :

"Ceux qui font le Hadj et l'Ou'mrah (petit Hadj) sont les invités d'Allah Ta'aala."

Si l'homme, malgré ses moyens limités, honore et reçoit bien ses invités, alors nous pouvons avoir une idée combien Allah Ta'aala, Lui qui ne manque absolument rien, honorera Ses invités !

HADJ ET TAUBA

Le Hadj est, en fait, l'occasion de marquer notre présence dans la maison d'Allah Ta'aala. La présence d'une personnalité importante nous pousse tout naturellement à porter notre meilleur habit. Nous nous efforçons de faire de notre mieux pour plaire à notre hôte bien-aimé. Allah Ta'aala, Lui, l'Empereur des empereurs, est l'hôte des pèlerins. Nous devons donc être animés d'un état d'esprit exceptionnel, nous efforçant de faire tout pour Lui plaire. Cependant, Allah Ta'aala ne regarde pas seulement notre habit, mais aussi et surtout notre coeur qui compte beaucoup pour Lui. Donc, si en ce qui concerne l'habillement, Allah Ta'aala a prescrit le port d'un habit simple, humble et modeste (l'Ihraam), nous pouvons en conséquence aisé ment imaginer quelle importance Il accorde et combien de considération Il aura pour un coeur pur, humble et modeste, un coeur soumis et rempli de la grandeur, de la magnanimité, de la magnificence d'Allah Ta'aala ; d'où l'importance et la nécessité de faire un Taubah (repentir) sincère quand nous marquons notre présence à la maison d'Allah Ta'aala.

Avec un tel état d'esprit, les Ibaadaat‎‎ - Tawaaf, Saï, présence et Dou'aas dans le Maidaan d'Arafaat, de Mouzdalifah et de Minaa - auront plus de poids, seront plus efficaces, plus à même de favoriser le développement et l'épanouissement spirituel de l'individu. Qu'Allah Ta'aala nous donne tous le Taufîq‎‎ d'accomplir le Hadj dans un tel état d'esprit. Aamîne !

DIFFICULTÉ DURANT LE HADJ

Dans un lieu où se rassemblent des millions de gens venus de tous les coins et recoins de la terre, avec des moeurs et mentalités divers, des difficultés sont à prévoir. Donc, il est tout naturel qu'on se voit confronter à de multiples problèmes. Il ne faut pas perdre son sang-froid et son calme pour autant. D'habitude, c'est dans des circonstances et des situations difficiles qu'on arrive à connaître le vrai caractère d'une personne.

Une fois, Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) dit à une personne qu'il y a trois façons pour connaître vraiment une personne, notamment: (1) en étant son voisin, (2) en étant son compagnon de voyage, et (3) en ayant des transactions commerciales avec lui.

A la lumière de ce Hadîce, nous voyons que le vrai caractère d'une personne se révèle lors d'un voyage. C'est justement pour cette raison qu'Allah Ta'aala met le pèlerin en garde contre toute vulgarité, grossièreté et autre excès.

"Le Hadj a lieu pendant des mois connus. Donc, celui qui l'accomplit pendant ces mois-là devra s'abstenir de parole grossière, d'infraction à la loi et de dispute." (2 : 197)

Dans un Hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Quiconque accomplit le Hadj pour (plaire à) Allah et ne commet pas de grossièreté, et d'infraction à la loi, retournera chez lui comme il était le jour où sa mère lui donna naissance (propre de tout péché)." (Boukharî)

Bref, le pèlerin qui accomplit le Hadj comme il se doit, c'est-à-dire animé d'un état d'esprit exemplaire et faisant preuve d'une conduite exemplaire en suivant les injonctions de Qour'aan et du Sounnah, sera lavé de tout péché. Qu'Allah Ta'aala nous donne le Taufîq‎‎ d'accomplir un tel Hadj ! Aamîne !

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.8]