Le mépris et la moquerie de Dîne

La désobéissance d'Allah Ta'aala sous n'importe quelle forme est très grave. Mais "l'Istikhfaaf" c'est-à-dire éprouver du mépris pour la loi de Dîne est encore plus grave. Certes, commettre des péchés majeurs tels que Zinaa (l'adultère), vol, mensonge, médisance, etc. diminuent notre Îmaan sans pour autant l'enlever, mais en revanche, avoir du mépris pour la religion, ne serait-ce qu'à l'encontre d'une simple loi islamique, nous mène au Koufr.

C'est en vertu de ce principe que la moquerie de Dîne est considérée comme Koufr car la moquerie n'est que le rayonnement du mépris tout comme l'admiration et l'appréciation sont le reflet de l'Îmaan. Dans le Qour'aan-é-Karîm Allah Ta'aala nous a, en maintes occasions, fait remarquer que la moquerie de Dîne était le principal trait distinctif des Kouffaar (infidèles) et des moushrikîne (polythéistes).

"Si tu les (hypocrites) interrogeais, ils diraient : 'Nous ne faisons que plaisanter et badiner'. Dis, 'vous moquez-vous d'Allah de Ses aayaat (signes) et de Son Raçoul (envoyé)? Ne cherchez pas de prétextes. Vous avez commis le Koufr (vous êtes devenus Kaafirs) après avoir été croyants'." (9:65-66)

Selon les Moufassirîne (commentateurs du Qour'aan), ces deux versets ont été révélés lors de la bataille de Taboûk, lorsqu'un groupe de Mounaafiqîne (hypocrites), par mépris pour Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait dit :

"Est-ce lui qui fera la conquête des châteaux et des forteresses de la Syrie ?"

Alors Allah Ta'aala avait mis Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) au courant de cette conversation. Et lorsqu'ils furent interrogés à propos de leur déclaration ils avaient prétendu que c'était par plaisanterie.

Commentant ces versets Qaazî Aboû Bakr Al-A'rabî (R) dit qu'en faisant cette déclaration, il se pourrait que ces Mounaafiqîne étaient sérieux tout comme il se pourrait aussi qu'ils plaisantaient. Mais tout compte fait il n'y a pas de divergence au sein de l'Oummat à l'effet qu'ils ont commis le Koufr et ce même en plaisantant.

D'autre part Allaamah‎‎ Aboû Bakr Al-Jassaas (R) en commentant ces versets dit que ceux-ci en eux mêmes nous servent de preuve qu'il n'y a pas de différence entre celui qui prononce la parole de Koufr en plaisantant et celui qui le fait sérieusement.

Par ailleurs, Aboû Bakr Al-Jassaas (R) dit que traiter les versets d'Allah Ta'aala ou les lois du Charî'ah en dérision constitue du Koufr.

A la lumière des Tafsîr‎s (commentaires) de ces éminents savants nous pouvons constater que même le badinage est pris au sérieux lorsqu'il s'agit du Koufr. Nous pouvons également constater que la moquerie à l'égard de Dîne ou de quelque principe de Dîne est considérée comme Koufr. Et c'est la raison pour laquelle la plaisanterie à l'égard de quelque chose d'aussi noble et exalté que le Dîne est une indication du mépris que l'on ressent en soi. C'est également la raison pour laquelle la prosternation (faite en plaisantant) devant une idole est considérée comme Koufr quoique l'Aqîdah‎‎ (la conception) de la personne qui s'est prosternée puisse être différente.

Dans son livre de fiqh intitulé "Fath-oul-Qadîr" Allaamah‎‎ Bin Houmaam dit que toute personne qui prononce une parole de Koufr par plaisanterie commet le Koufr même si cette personne ne croit pas en ce qu'elle a dit.

C'est en partant de ce principe que la prosternation d'un acteur devant une idole ou le dialogue de certaines pièces de théâtre sont taxés de Koufr. De plus, s’il nous arrive d'éprouver de l'admiration pour l'acteur qui se prosterne devant une idole, nous nous exposons au Koufr, car être satisfait d'une action de Koufr est en fait le Koufr.

Si le seul fait de prononcer des paroles de Koufr par plaisanterie constitue du Koufr, il s'ensuit qu'il en va de même pour ce qui est de l'interprétation des chansons comportant des paroles de Koufr. Par exemple, il y a des chansons qui disent :

"Khouda-é-Ta'aala aussi lorsqu'il regarde la terre du ciel peut se demander qui a pu créer mon Mehboûb (ma-bien-aimée)", ou,

"Depuis que je suis tombé amoureux de toi, j'ai commencé à faire ton Ibaadah‎ (adoration)"

A ce stade nous sommes en droit de nous poser la question suivante : "N'est-ce pas par admiration que nous jouons des films et écoutons des chansons comprenant du Koufr chez nous ?" Après ce qui vient d'être dit plus haut, il n'est pas nécessaire d'y répondre.

Compte tenu de la gravité et du danger que de telles attitudes représentent, il est du devoir de chaque musulman de prendre les précautions nécessaires avant de dire n'importe quoi et de bien mesurer la portée de ses paroles. Ainsi si on ne se sent pas enclin à laisser pousser la barbe, on ne doit pas se payer la tête d'une personne qui en porte. De même si on ne veut pas, par exemple, porter son pantalon au-dessus des chevilles, il ne faut, à aucun moment, faire des remarques désobligeantes telles que 'Dilo lor pont' (de l'eau sur le pont). Aussi si on ne veut pas utiliser le Miswaak, il ne faut pas dire : 'ki été sa bâton là' (qu'est-ce que c'est bâton là ?) Si on ne veut pas partager ses biens comme ordonné par Allah Ta'aala dans le Qour'aan-é-Majîd en donnant par exemple au fils le double de ce qu'on donne à la fille ou si on n'est pas à la hauteur de comprendre la sagesse entourant l'autorisation de la polygamie, il ne faut pas dire que l'Islâm ou Allah est injuste envers les femmes. De tels propos, hautement diffamatoires, voire blasphématoires, équivalent au Koufr.

Les personnes qui ont le courage de nager contre ce fort courant anti-Islamique et dont le Îmaan leur permet de mettre en pratique ces injonctions d'Allah Ta'aala et ces 'Moubaarak' (bénies) Sounnahs de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) méritent toute notre appréciation et notre admiration.

Tout comme la moquerie du Dîne est Koufr, marquer de sa présence un lieu où la pratique de Koufr est courante constitue également un acte de Koufr. Allah Ta'aala nous dit dans le Qour'aan-é-Karîm :

"Lorsque vous écoutez les versets d'Allah, certains n'y croient pas et s'en moquent. Ne restez donc pas en leur compagnie tant qu'ils ne discuteront pas sur un autre sujet, sinon vous deviendrez semblables à eux. Allah les rassemblera tous, les hypocrites (Mounaafiqîne) et les infidèles (kaafirs) dans le Djahannam (l'enfer)." (4:140)

Les avis des Ou'lamaa sont partagés à propos du morceau de ce verset où il est dit "sinon vous deviendrez semblables à eux." D'aucuns pensent que cela signifie semblables aux kaafirs en ce qui concerne la désobéissance d'Allah Ta'aala seulement et non la commission de Koufr. Par contre, d'autres sont d'avis qu'il s'agit bel et bien du Koufr car, selon eux, le fait de se trouver délibérément en compagnie des gens qui s'adonnent au Koufr illustre notre approbation pour ces choses là et notre mépris pour le Dîne.

Être présent délibérément en un lieu où le Koufr ou le Chirk est pratiqué est très grave. Cela est indésirable. Aussi devons nous éviter à tout prix d'assister à des cérémonies religieuses comprenant le Koufr ou le Chirk, si nous tenons vraiment à préserver notre Îmaan.

Se référant au verset 140 du Sourah Niçaa, Mouftî Mouhammad Chaafi'î (R) nous dit qu'il est également interdit de marquer de sa présence un endroit où le Tafsîr‎ du Qour'aan contraire aux Tafsîr des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎), des Taabi'îne (R) et de I'djmah-é-Oummah‎ est fait.

En vertu de l'importance de l'Îmaan pour notre salut éternel, s'abstenir des choses qui peuvent la nuire ou la contaminer s'avère une impérieuse nécessité.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.2]