De coeur à coeur

Je sais que tu viens d'entrer dans cette phase qui s'appelle la jeunesse. Quant à moi, je sais que je n'ai pas géré mon temps comme il le fallait. Aujourd'hui, quand je veux faire ce que j'ai manqué dans ma jeunesse, je vois que soit, je n'ai pas le temps, soit que ma santé ne me le permet pas. Mon jeune ami ! Je ne veux pas que ce qui m'est arrivé t'arrive. Gère bien ton temps et ton courage parce que tu ne les auras pas indéfiniment.
 
Il n'y a pas trop longtemps que tu as commencé à apprendre Dîne. Peut-être connais-tu l'anglais, le français et un peu l'arabe mais là aussi pas couramment. Et avec cette infime connaissance négligeable, tu prétends comprendre Qour’aan et Hadîce mieux que les grands ‘Oulamaa d'auparavant. Tu prétends pouvoir comprendre Dîne par toi même, alors que les grands ‘Oulamaa, les savants de Tafsîr et des Ahaadîce, ont eut besoin de suivre un Imâm pour suivre Dîne. La voie dans laquelle tu veux naviguer, a vu plusieurs grands navires faire naufrage. Si tu en sors sain et sauf, alors ce sera un miracle. Mais un miracle n'est pas obtenu par tout le monde. Tu risques de perdre ton Dîne si tu ne prends pas garde.
 
*** Je comprends que tu sois encore jeune. Tu manques d’expérience. C'est pour cela qu'il y a des choses que tu veux faire correctement, mais cela n'aboutit pas. Cela arrive parce qu'il y a certains principes que tu ignores. De plus, ceux avec qui tu communiques, sont également jeunes, naïfs et n'ont pas d'expérience. Laisse-moi-t'enseigner un principe qui te sera utile tout le temps. : Si tu veux suivre Dîne comme il le faut, regarde ceux, que tes aînés ont suivis. Les aînés sont ceux qui ont la connaissance du Dîne et qui ont la volonté de la pratiquer. Cette qualité est plus évidente chez les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum). Donc, regarde ce que les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) ont pratiqué, ainsi que leurs élèves, c’est-à-dire ce que les Taabi'îne ont pratiqué.

Lorsque tous les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) ont pratiqué quelque chose d'une certaine façon et que tu vois un Hadîce qui est contraire à cela, alors, suis ce que les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) ont pratiqué parce qu'ils connaissent la valeur et le poids de chaque Hadîce ainsi que son application correcte, mieux que toi. Si tu ne parles que de Hadîce et de ce fait, tu délaisses ce que les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) ont pratiqué, tu commettras une erreur capitale, parce que tu démoliras une pratique établie et bien structurée sur la base d'un simple Hadîce que tu prétends comprendre mieux qu'eux. Tu dois savoir qu'un Hadîce de ce genre est un Hadîce isolé et étrange, même s'il semble authentique. Ce qu'on doit suivre dans ce contexte, est ce que la grande majorité des Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum), ont pratiqué. Par exemple, les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) ont pratiqué 20 Rak'aats de Taraawîh. De même, les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) ont considéré les trois Talaaqs, prononcés d'un seul coup comme trois. Les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) ont fait Khoutbah de Djoum'ah dans la langue arabe. On doit suivre ce qu'ils ont suivi.

Est-ce correct d'ignorer ce que les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) ont pratiqué sur la parole des marchands qui sèment du désordre et créent la confusion et la dissension dans la communauté en changeant les pratiques qui ont été établies depuis tout ce temps ?
 
Il faut savoir qu'en adhérant à ces quatre Mazhabs, il y a d'énormes avantages et en leur tournant le dos, il y a un grand fléau. (Iqd-oul-Jeed par Shah Walîyoullah Dehlavî)

[Version française de "Du coeur à coeur" – Al Jamiat – Vol.2 No.14]